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Le Japon, le pays des Samouraïs : une sociologie immuable. Un protectorat américain.

 Ce pays de 120 millions d’habitants, vaincu par les Etats-Unis en 1945, suite aux deux bombardements nucléaires, s’est démocratisé, mais a conservé son empereur, Hirohito, sur décision du général Mac Arthur. Depuis sa défaite le pays est à la fois  occuppé et défendu par le Pentagone.

Avec un PIB dépassant les 5 000 milliards de dollar, il a pris la troisième place mondiale, derrière les Etats Unis et la Chine. C’est une performance étonnante pour un pays qui a dû entièrement se reconstruire, mais c’est une des qualités de l’esprit samouraï : le travail intensif avec une semaine de 45 heures  et des congés annuels ne dépassant pas 15 jours.

Autre qualité japonaise : la rigueur morale. Le vol  n’existe pas et un portefeuille oublié dans la rue sera restitué à son propriétaire. Au niveau national, les prisons sont d’ailleurs à moitié vides. Par contre la justice est impitoyable car un suspect jugé a 99 chances sur cent d’être condamné.

Cela nous amène à analyser le cas de Carlos Ghosn, symbole des contreparties négatives de l’esprit samouraï : un nationalisme ombrageux pouvant aller jusqu’au sacrifice individuel demandé, comme le symbole qu’étaient les Kamikazes. C’était de jeunes pilotes formés pour se suicider sur les navires américains. Ce nationalisme quasi religieux se retrouve aussi dans le refus de toute immigration et une véritable haine envers un Carlos Ghosn, avec sa direction de la société symbole que représentait Nissan.

Autre particularité nationale : la dette. Elle atteint 240% du PIB. C’est un niveau qui fait du Japon le premier emprunteur mondial, mais ce niveau  n’inquiète toujours pas les créanciers internationaux puisque cette dette est souscrite à 90% par les nationaux. On peut malgré tout se poser deux questions de bon sens :

– Jusqu’où peut monter cette dette et quelle en est la cause ?

– Que pensent les créanciers nationaux et internationaux ?

L’analyse de la Coface  est la suivante : « Le déficit budgétaire devrait encore se creuser en 2019, les principaux facteurs à l’origine de ce phénomène étant la poursuite des mesures de relance budgétaire, ainsi que les travaux de reconstruction engagés suite aux inondations dévastatrices qui ont frappé le sud-ouest du Japon en juin et au typhon Jebi en septembre 2018. Les investissements dans les infrastructures en vue des Jeux olympiques de Tokyo de 2020 devraient également accroître les pressions budgétaires. Il s’agit d’une constante au Japon, mais la marge de manœuvre pour de nouvelles mesures de relance s’épuise rapidement car les dépenses sociales pèsent déjà lourdement sur le budget de l’État : le service de la dette représente 25 % du PIB japonais. En outre, il est très difficile pour l’État d’augmenter ses recettes ».                                                                                          Si la politique intérieure du Japon se veut un modèle de discipline et de rigueur, la géopolitique se révèle beaucoup plus complexe et reste l’héritage de la dernière guerre. Au niveau intérieur Tokyo reste défendue par les forces américaines et au niveau externe le problème coréen reste entier. La Corée du sud est protégé par un important  contingent du Pentagone face à une Corée du Nord communiste, disposant de la de la force nucléaire et envoyant régulièrement des missiles vers le Japon. Donald Trump négocie, menace, mais Kim Jong-un reste toujours aussi imprévisible.

Du côté de la Chine, Pékin continue à étendre son influence en annexant des ilots et les mers continentales de l’Asie : jusqu’où ? Quant à Moscou, n’oublions pas qu’elle avait déclaré la guerre à Tokyo en 1945.

En conclusion le Japon se veut un exemple socio-économique, mais sa politique étrangère est dirigée par les Etats Unis qui se trouvent face à la Chine.

L’avenir est malheureusement à la fois dangereux et imprévisible.