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La Russie : retrouvons l’alliance historique avec Moscou, cette alliance de l’Atlantique à l’Oural prônée par de Gaulle. C’est l’impératif géopolitique d’aujourd’hui.

Rappelons que ce pays continent avec dix sept millions de km2 est le plus grand pays du monde : il est contingent de l’Europe, de l’Asie (Mongolie et Chine), et même de la Corée du Nord. 

Paradoxalement, sur le plan démographique, la Russie ne compte que 150 millions d’habitants et sa religion officielle est le catholicisme orthodoxe renforcée par W. Poutine qui multiplie les églises en Russie et en Europe. Le Président russe n’hésite même pas à déclarer que la Russie est désormais le seul socle de la civilisation occidentale étant donné la décadence de l’Europe et des Etats Unis.

Malheureusement pour Moscou son économie n’est pas à la hauteur de ses prétentions car son PIB est inférieur à celui de la France ! Et cela malgré des ressources naturelles considérables. L’abondance des matières premières est exceptionnelle. Le secteur énergétique est aujourd’hui dominé par le gaz naturel (40 % des combustibles) qui profite du gel du programme nucléaire. La compagnie nationale Gazprom détient près du cinquième des réserves mondiales de gaz connues. Cette entreprise fournit le quart du gaz consommé en Union européenne, la moitié en Allemagne, la totalité en Finlande, 86 % en Grèce, 75%  en Autriche, le quart en France. La Russie disposerait des plus grandes réserves au monde de pétrole de schiste. Ces réserves se situent principalement en Sibérie occidentale.

Contrainte d’importer des céréales depuis les années 1960, le pays est capable d’atteindre l’autosuffisance grâce à ses 186 millions d’hectares de S.A.U. (surface agricole utile). Disposant des plus grosses réserves forestières du monde (environ 20 % du total mondial exploitable), la Russie est le premier exportateur mondial de bois.

Le gigantesque secteur industriel, héritage de l’U.R.S.S, se trouve aujourd’hui dans une situation catastrophique, alors qu’il constituait la base de la puissance soviétique, grâce à une diversité qui lui assurait une autosuffisance presque complète. Mais la Russie postcommuniste s’est retrouvée dans l’ignorance du mode de fonctionnement de l’économie de marché, ce qui l’empêche, aujourd’hui, de répondre aux nouvelles exigences du consommateur. La rapidité de la privatisation du secteur industriel a déséquilibré l’économie et la société russe.

Le potentiel de la Russie est donc immense et l’Europe devrait être aux premières loges alors qu’elle se braque sur deux problèmes géopolitiques artificiels : la Crimée et la Syrie.

  • La Crimée.

            En 1954, dans l’indifférence générale, la République autonome de Crimée est  » offerte » à l’Ukraine par Khrouchtchev, alors premier secrétaire de l’ex-U.R.S.S.

           Une photo est restée justement célèbre. Elle montre Churchill, Roosevelt et Staline assis côte à côte, le 11 février 1945, devant le palais de Livadia, à proximité de Yalta, la station balnéaire de Crimée. Les chefs des trois puissances alliées contre l’Allemagne nazie se sont réunis dans l’ancienne résidence d’été du tsar, pendant une semaine, afin de conférer sur la poursuite de la guerre.      Pour Staline, Yalta est donc le symbole de la Russie.

  • La Syrie.

L’ambassadrice de Syrie en France était une catholique : cette exception étonnante n’a jamais été signalée. Qu’en est-il aujourd’hui ? Alors que le cessez-le-feu reste fragile à Idlib, la foire internationale de Damas, événement commercial majeur du pays avant la guerre civile, a été inaugurée en grande pompe.

Le rUn orchestre symphonique, des danseurs folkloriques, des chœurs de l’armée. Dans un déluge de sons et de lumières, Damas a inauguré mercredi sa 61e foire internationale. Comme si la guerre n’était qu’un lointain souvenir. Autrefois considérée comme l’une des plus importantes manifestations commerciales du Moyen-Orient, cette foire avait été interrompue en 2011 en raison du conflit. Elle n’a rouvert ses portes qu’en 2017. Cette année, selon les chiffres officiels, 1.700 entreprises venues de 38 pays y participent jusqu’au 6 septembre.

Une belle vitrine pour le régime. « Par ce biais, il tente de montrer que la reconstruction de la Syrie est en marche« , souligne le géographe Fabrice Balanche, chercheur à l’université de Lyon 2. Mais à huit ans de guerre s’ajoutent les sanctions des États-Unis et de l’Union européenne qui laissent la Syrie exsangue. Le PIB s’est effondré de 60% entre 2010 et 2016, avec des productions tant pétrolières qu’industrielles  presque à l’arrêt.

            Bachar el Assad rêve d’un pays moderne et démocratisé : ne peut-on pas jouer cette carte ? En conclusion nous devrions renouer avec Moscou, car c’est, à la fois retrouver l’histoire et admettre un impératif économique et géopolitique.