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Coronavirus : épidémie devenue mondiale, mais seulement 3 à 4% de décès.  

 Deux précédents historiques : la grippe espagnole et la grande peste noire. La course au vaccin est engagée, mais une panique économique gagne la planète.                  

L’actualité galope depuis la semaine dernière et revoyons ce que furent les grandes épidémies de notre histoire.

1- La grippe espagnole.

La pandémie de la grippe espagnole, responsable de 25 à 50 millions de morts à la fin de la Première Guerre mondiale (1918), a marqué l’inconscient collectif au point d’incarner l’essence du fléau épidémique, au même titre que la peste. Ces dernières années, les recherches se sont multipliées sur son origine mystérieuse. Dernière en date, une étude parue  dans les Comptes rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS) lève un nouveau voile sur l’évolution du virus qui a conduit à la naissance d’une nouvelle souche particulièrement létale pour les jeunes adultes, une population traditionnellement épargnée par cette maladie.

La grippe espagnole fut baptisée ainsi parce que l’Espagne, non concernée par le secret militaire, fut la première à la mentionner publiquement. Elle fut dévastatrice, touchant quasiment tout le globe. Malgré un taux de mortalité de « seulement 2 à 4 % », elle fit des dizaines de millions de morts, dont 165 000 en France. La plupart des victimes mouraient de surinfection bactérienne, qui se déclarait au bout de 4-5 jours et conduisait au décès une dizaine de jours après les premiers symptômes grippaux, en l’absence, à l’époque, d’antibiotiques.

Selon les travaux de Michael Worobey, professeur de biologie à l’université d’Arizona, le virus responsable de la grippe espagnole est né de la combinaison d’une souche humaine (H1), provenant de la grippe saisonnière en circulation entre 1900 et 1917, avec des gènes aviaires de type N1. Ainsi naquit, en 1917 ou 1918, une souche nouvelle.

2- La peste noire.

La peste noire est la première épidémie à faire des ravages. En quelques années, autour de 1350, l’épidémie  fait environ 50 millions de morts, dont 25 sur le continent européen, soit la moitié de la population de l’époque. Plusieurs vagues touchent ainsi la France qui comptait 20 millions d’habitants et en perdit 10 millions. Au-delà de la catastrophe humanitaire, cette pandémie a des répercussions importantes sur la vie quotidienne. La main d’œuvre venant à manquer, il devient impossible d’exploiter toutes les terres existantes. De même, le racisme se développe. Les Juifs sont souvent accusés de disséminer volontairement la maladie. Dans certaines villes, ils sont même pourchassés.

3- Qu’en est-il du coronavirus ?

Plus de 80% des patients ont une atteinte légère et  ils récupèrent. Dans environ 14% des cas, le virus provoque une pneumonie et un essoufflement, avec environ 5% des patients subissant une maladie grave, incluant insuffisance respiratoire et défaillance multi-organes.

On compte aujourd’hui environ 80 000 cas et quelques 2 000 décès : la mortalité serait donc de l’ordre de 3% et la course au vaccin est lancée. Dans cette course à laquelle participent la Chine, les États-Unis, l’Australie et la France, l’émergence de consortiums nationaux et internationaux dope la mutualisation des ressources. La Cepi (Coalition pour les innovations en préparation aux épidémies) est un partenariat entre organismes publics, privés, philanthropiques, qui a réagi sans tarder à coups de millions de dollars. Objectif : lancer de premiers tests cliniques d’ici quelques mois.

L’épidémie se propage, chaque jour, à de nouveaux pays créant une panique médiatique et une panique tant économique que boursière : en Chine la croissance a déjà tombée de 6% à 4% et les bourses mondiales sont en chute libre avec des baisses quotidiennes de 2% à 4% devenant monnaie courante.

A quand la fin de la pandémie ? L’incertitude demeure, mais certains experts l’espèrent dans quelques mois ? Nous maintenons notre dernier conseil, avec une mise en garde : l’objectivité est souvent difficile, mais toujours nécessaire : militons pour la faire admettre et la faire connaître, car la France reste fragile malgré son unité aujourd’hui retrouvée.