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On en sait plus sur le plomb retrouvé dans le miel de Notre-Dame de Paris

Le dossier de la pollution au plomb depuis l’incendie de Notre-Dame de Paris en avril 2019 est encore à l’étude. Des chercheurs canadiens ont en effet analysé le miel issu de ruches présentes à proximité de l’édifice et qui révèle des taux de plomb supérieurs à la normale.

Les images restent encore gravées dans les mémoires. Voir le toit et la flèche de Notre-Dame rongés par les flammes puis disparaître fut un choc au retentissement mondial. Passées la stupéfaction et la tristesse, l’heure fut ensuite aux questions. Qu’a transporté la fumée de l’incendie sur son passage ? Le ciel de Paris a-t-il été pollué ? Les réponses semblent se trouver dans le miel produit dans les ruches environnantes de l’édifice. « Nous avons pu montrer que le miel est un traceur utile de la pollution environnementale lors d’un événement de pollution aiguë comme l’incendie de Notre-Dame. Ce n’est pas une surprise, car l’augmentation des quantités de plomb dans la poussière ou la couche arable, qui ont toutes deux été observées dans les quartiers sous le vent de l’incendie de Notre-Dame, sont un indicateur fort de l’augmentation des quantités de plomb dans le miel« , a indiqué Dominique Weis, co-auteur d’une étude publiée par la revue scientifique américaine « Environmental Science & Technology Letters ». C’est donc une concentration de plomb nettement supérieure à la teneur maximale autorisée qui a été retrouvée dans le miel de Notre-Dame.

Une concentration de plomb quatre fois supérieure aux abords de l’incendie

La recherche a été effectuée trois mois après l’incendie d’avril 2019 par des scientifiques d’une université canadienne qui ont analysé 36 échantillons différents. Ces extraits de miel ont été prélevés dans des ruches parisiennes – certaines plus ou moins proches de la cathédrale, et en région Rhône-Alpes, qui ont ensuite été comparés entre eux. L’étude révèle par conséquent que le miel provenant des ruches situées en aval de l’incendie, c’est-à-dire dans le sens du vent projetant la fumée, présente des taux de plomb jusqu’à quatre fois supérieur à celles des échantillons prélevés ailleurs en région parisienne et en région Rhône-Alpes. A l’inverse, ces concentrations de plomb diminuent à mesure que les ruches se trouvent éloignées du lieu de l’incendie. La plus forte concentration de plomb s’élève à 0,08 microgramme par gramme et a été relevé à moins de 5 kilomètres à l’ouest de la cathédrale. Le miel de Rhône-Alpes analysé présente quant à lui jusqu’à 0,009 microgramme de plomb par gramme.

Carte des ruches à Paris et de la concentration de plomb dans le miel - © CNRS
Carte des ruches à Paris et de la concentration de plomb dans le miel – © CNRS

Le miel, un biomoniteur efficace

Les analyses isotopiques réalisées ont aussi rapporté que le plomb présent dans le miel récolté à la suite de l’incendie est le même que celui utilisé dans les constructions anciennes de Paris (toiture ou tuyauterie). En effet, le plomb a été largement utilisé durant la construction de Notre-Dame dès le 12e siècle. A l’époque, on couvre les toits des églises de tuiles plates. Mais comme Paris ne dispose pas de gisements d’argile, le plomb est donc le matériau retenu pour l’ouvrage. On estime ainsi que le toit et la flèche en contenaient près de 460 tonnes et qu’il en manque aujourd’hui environ 160 tonnes parties en fumée. Cette étude a par ailleurs été permise grâce au concours de la société parisienne de ruches Beeopic qui gère environ 350 ruches dans la capitale. Le miel peut donc s’avérer être un biomoniteur efficace, soit un outil de détection de polluants dans un milieu au travers de leurs effets sur les organismes et sur les écosystèmes.

Commentaires

  1. Ce n est pas nouveau ! Déjà pour Tchernobyl le CEA avait prélevé des échantillons de miel pour analyse et nous savons que les concentrations de pollutions se trouvent dans les likens et le miel !! Aussi il vaut mieux privilégier les miels d altitude hors zone industrialisée et mégalopole !

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