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Un guide du déconfinement : aura-t-on assez de masques pour l’ensemble de la population ?

Une carte interactive non officielle du déconfinement existe déjà, elle permet d’avoir une idée des départements en rouge ou en bleu. Faut-il crainde un période encore plus périlleuse ? Réponses avec le Dr Jean-Pascal Del Bano et le Pr Philippe Juvin. 

Interrogé par Louis Daufresne, le Dr Jean-Pascal Del Bano, médecin, ancien interne des hôpitaux de Marseille, co-fondateur du Guide Santé, évoque la carte mise en place depuis fin mars pur suivre l’évolution deu Covid-19 dans les départements et régions.

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Attention, cette carte n’est pas officielle et elle n’a pas été remise à jour depuis le 27 avril. « Elle a été mise en place en utilisant les deux indicateurs de l’Académie de Médecine et Santé publique-France », explique-t-il, « décroissance des cas et utilisation des lits de réanimation »La carte officielle doit être éditée ce soir par le gouvernement : « il y aura des similitudes avec cette carte mais nous ne voulons pas créer de confusion », souligne Jean-Pascal Del Bano, « car le gouvernement a pris également un troisième indicateur, la disponibilité en masques… Cette disponibilité est une question cruciale ».

Une période extrêmement périlleuse

De son côté, le Pr Philippe Juvin, chef des urgences à l’hôpital Pompidou, maire de la Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine), le répète : « depuis 15 jours, nous observons moins de patients Covid-19 dans les urgences, ce sont les effets du confinement : il y a 1/4 de patients Covid-19 contre 3/4 de patients habituels ». Pour autant, il estime que nous « sommes dans une période extrêmement périlleuse, presque plus périlleuse que la première ». Explications. « Si l’on considère que 5 à 10 % de la population a été atteinte par le virus, il reste encore beaucoup de chemin avant qu’une majorité de la population ait rencontré le virus ». POur le Pr Juvin, il faut donc attendre fin mai-début juin pour avoir une plus grande visibilité.

Autre constat : « actuellement, nous observons clairement des patients non Covid qui se sont dégradés chez eux, en particulier ceux porteurs de maladies chroniques, que l’on voit arriver ax urgences… Nous pouvons avoir en plus de la vague que nous avons eu fin mars, une vague de patients qui n’ont pas le Covid et qui ont besoin de réanimation », affirme le Pr Philippe Juvin.

Sur les médicaments, il indique que les deuls délivrés à ce jour le sont « dans le cadre d’un protocole d’essai clinique » : « ce sont des médicaments en cours d’étude… Il n’y a pas de médicament miracle », répète le Pr Juvin. Il évoque les cas d’enfants touchés par la maladie de Kawasaki, une vingtaine en France, dont la moitié se sont également révélés contaminés par le Covid : « c’est peut-être une forme grave du Covid, on regarde ça avec attention… C’est à la fois préoccupant, parce que c’est une forme grave, c’est aussi à prendre avec précaution, car on parle actuellement d’une vingtaine de cas en Île-de France dans une population de plusieurs millions d’habitants ».

Enfin, étant lui-même maire, le Pr Juvin s’exprime sur la réouverture des écoles : « on aurait peut-être dû attendre le mois de septembre. La reprise des cours ne va pas être simple, cela nous inquiète, nous les maires ».