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Victimes d’abus sexuels dans l’Eglise : « une somme versée en reconnaissance de la souffrance subie »

La question des abus sexuels au sein de l’Eglise est au coeur de l’Assemblée plénière des évêques qui se tient à Lourdes. La commission indépendante a présenté un bilan d’étape. Le reportage de Camille Meyer.

72709856_2595297027217234_3819324995390144512_nA la tête de cette commission, baptisée Ciase (Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église), Jean-Marc Sauvé a fait part de ses premières conclusions, ce jeudi 7 novembre, aux évêques français réunis en Assemblée plénière à Lourdes. « Je n’avais pas pris la mesure des abus sexuels en général en France et au sein de l’Eglise », a-t-il déclaré, « c’est une étape douloureuse dont nous ne sortirons pas indemnes ». Il a rappelé le rôle de la Commission : établir la réalité des abus sexuels dans l’Eglise dans un premier temps, comme une commission d’enquête. Dans un second temps, se prononcer sur les mesures qui ont été prises. Jean-Marc Sauvé au micro de Camille Meyer.

2800 signalements ! C’est le dernier décompte communiqué par la commission indépendante. Près de 87 % des victimes étaient mineurs au moment des faits. La commission a commencé l’évaluation et le traitement des archives dans les départements, la presse et dans les diocèses mais également les auditions de victimes, une vingtaine jusqu’à présent. 2800, « un nombre significatif » aux yeux de Jean-Marc Sauvé.

« Une étape douloureuse dont nous ne sortirons pas indemnes »

Quel geste de l’Eglise à l’égard des victimes ? Allocation, signe financier, indemnisation ? La question a été au cœur de la réflexion du groupe de travail sur les gestes financiers possibles. Les explications de Mgr Pascal Delannoy qui est à la tête de ce groupe de travail.

Il ne faut pas pour autant « se focaliser sur l’indemnisation… On n’en est pas encore aux modalités », explique Véronique. Agressée sexuellement par un prêtre à l’âge de 13 ans, elle a témoigné et participé au dialogue « essentiel » avec les évêques. Pour elle, d’autres chantiers aussi importants que l’indemnisation sont ouverts.

« Comprendre pour ne pas reproduire »

Pour Véronique, le travail de mémoire est donc tout aussi essentiel. « En Belgique, des célébrations et des œuvres d’art ont été réalisées pour ne pas oublier les enfants abusés », dit-elle. Elle estime également que l’un des plus gros chantiers est celui de la prévention. Elle l’explique avec émotion.

Rendre l’Eglise plus sûre qu’avant : c’est l’objectif du groupe de travail sur les prévention des abus sexuels, dirigé par Mgr Hubert Herbreteau. « Il nous faut comprendre comme cela a pu arrivé, comment un système a pu produire de telles atrocités », dit-il, « comprendre pour ne pas reproduire ». Et pour apporter des solutions, le groupe a d’ores et déjà regardé ce qui se faisait dans d’autres pays.

 

>> Le discours de clôture de l’Assemblée plénière

Commentaires

  1. Concernant la fin du discours et la non-identification de coupables : si on identifie un pédophile grâce à la Commission, on ne fait donc rien ?

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