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Les vérités  2019 – Lorsque la Chine s’éveillera, le monde tremblera écrivait Peyrefitte. Elle s’est réveillée, mais recherche surtout la puissance économique.

Un cheval de Troie chinois pour diviser les Européens. Xi Jinping retrouve Emmanuel Macron, en présence de la chancelière Angela Merkel et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Cette rencontre se veut une approche européenne coordonnée : «  la discussion doit se passer au niveau de l’Europe et non pas de la France seule », déclare l’Élysée notant que « la France et l’Allemagne sont longtemps allées vers la Chine en concurrence ».

Paris et Berlin craignent de voir Pékin donner la priorité aux relations bilatérales comme la « Nouvelle route de la soie ». L’Italie a signé un accord en ce sens, premier pays du G7 à rejoindre ce projet des relations terrestres et maritimes reliant l’Asie avec l’Afrique et l’Europe. La Croatie, la République tchèque, la Hongrie, la Grèce, le Portugal semblent aussi parties prenantes.

Le sommet entre l’Union Européenne et la Chine le 9 avril sera suivi le 12 avril par une réunion à Dubrovnik, entre Pékin et 16 pays d’Europe de l’Est. Serait-ce un cheval de Troie ? La Commission européenne décrit la Chine comme un « rival systémique » et « un concurrent économique en quête de leadership technologique ».

La Commission propose un délai pour la négociation avec la Chine d’un accord d’investissement en 2020 et appelle à l’application rapide de « l’instrument de filtrage des investissements directs étrangers pour des motifs de sécurité », voté par le Parlement européen. La Commission demande aussi une approche commune dans le domaine des réseaux 5G.

La France, l’Allemagne et l’Union européenne voudraient aussi assurer la « réciprocité » avec la Chine dans l’attribution des marchés publics.

Mais, quelle est la situation réelle de la Chine aujourd’hui ? Au niveau géopolitique et macroéconomique, elle doit faire face à plusieurs défis, à commencer par un bras de fer commercial avec les Etats-Unis où elle exporte 500 milliards de dollars.

Pékin veut ravir, dans les prochaines années, la place de 1ère économie mondiale à Washington. Son produit intérieur brut (PIB), qui égalait celui de la France il y a 13 ans, devrait lui être presque 5 fois supérieur cette année avec 13.000 milliards de dollars. Le PIB chinois a ainsi été multiplié par plus de 200 depuis 1960 et la part du pays dans le PIB mondial est passée de 2% en 1979 à 15% en 2017, ce qui en fait la deuxième économie mondiale.

Certes la Chine se veut une puissance militaire : elle le montre en annexant les ilots inoccupés et en créant une marine de guerre qui veut, à terme, égaler celle du Pentagone, mais elle sait, qu’en géopolitique, la véritable puissance est la puissance économique.

Les Etats-Unis représentent, pour Pékin, à la fois un rival et un exemple. Voulant séduire la France,  300 Airbus lui sont commandés, mais Xi Jinping  a envoyé sa fille Xi Mingze, née le 27 juin 1992, étudier à l’université d’Harvard. Pour lui le modèle éducatif se situerait donc outre-Atlantique !

La question des droits de l’homme sera-t-elle abordée dans les tête-à-tête entre Emmanuel Macron et Xi Jinping? Une douzaine d’ONG, dont Amnesty International et la Ligue des droits de l’homme, jugent le problème « essentiel ».

Pour nous, un défi géopolitique est oublié : la démographie chinoise. Le pays compte un milliard quatre cent millions d’habitants, soit trois fois la population européenne ou trois fois la population américaine.

Peut-on appliquer à la Chine nos critères occidentaux ? A notre sens la réponse est non. Nous avons affaire à un monde différent avec lequel nous devons avoir, certes, des rapports diplomatiques, mais en limitant au minimum leurs prises  de contrôle économique.

C’est un impératif absolu si nous voulons que la France reste le pays de son histoire.