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Les vérités  2019 – Le Japon : quel avenir ? Libéralisme avec le nouvel empereur, ou retour à une tradition totalitaire avec l’affaire Carlos Ghosn ?

Analysons d’abord l’actualité. Le prince Naruhito est devenu le nouvel empereur du Japon après l’abdication officielle de son père Akihito. Le pays, avec une société régie par ses codes, entrera dans l’ère Reiwa, mais peut-il évoluer ? Economie, mœurs, immigration, système pénal, l’Archipel est un monde à part, déroutant et souvent inquiétant.

Akihito avait célébré ses trente ans de règne devant une assistance de hauts fonctionnaires, d’hommes politiques et de diplomates. Le cérémonial  implique des discours se succédant dans une ambiance rappelant la Chine communiste de Mao Tse Tung. L’empereur a conclu par une allocution replaçant le Japon dans la mondialisation, et il a appelé son pays à s’ouvrir sur les problèmes réels.

Au niveau judiciaire, l’affaire Carlos Ghosn connaît un nouveau rebondissement avec une quatrième accusation et l’interdiction de voir sa femme !

Résumons maintenant les données majeures du Japon actuel.

C’est un pays de 130 millions d’habitants vivant sur un peu moins de 400 000 km2. Sa démographie est déclinante avec une perte de 500 000 à un million d’âmes chaque année. Son économie le situe au troisième rang mondial avec un PIB de 6 000 milliards de dollars, derrière les Etats Unis et la Chine. Elle doit ce rang à son  industrie  qui représente 40% du PIB : un record mondial, mais à quel prix social !

La semaine de travail est souvent supérieure à 50 heures et le congé annuel officiel est de 18 jours. Le nouvel empereur veut accorder 10 jours supplémentaires ?          Aujourd’hui la croissance forte a malheureusement disparu, (1,2% environ aujourd’hui) et le pays connaît déficit budgétaire et gonflement d’une dette abyssale atteignant 230% du PIB. Heureusement les deux tiers de cette dette sont souscrits par les nationaux.

Le Japon, pays vraiment hors normes dans tous les domaines, refuse toute immigration et bénéficie des effets d’une rigueur de morale sociologique, puisque ses prisons ne sont occupées qu’à 50%.

Au niveau de la défense nationale, son armée compte environ 246 000 hommes. Sur le plan stratégique, le Japon et la Chine sont des ennemis historiques et la puissance militaire de cette dernière inquiète les dirigeants du Soleil levant, malgré l’alliance avec Washington et la présence d’un contingent américain, avec la Cinquième flotte.

Le budget accordé à la défense est de 50 milliards de dollars, ce qui a permis de la doter d’un arsenal comprenant 1 600 avions et plus de 130 navires de guerre. Donald Trump demande à Tokyo d’augmenter son budget pour aider à contenir l’expansionnisme de Pékin qui annexe les îlots de la mer de Chine.

Analysons maintenant le Japon sous l’aspect géopolitique, à commencer par les événements vécus au XXème siècle, dont certains uniques dans l’histoire mondiale.   Comment se présentait le pays avant guerre ? L’expansionnisme avait débuté avec l’annexion de la Corée en 1910. Ce fut ensuite la Mandchourie en 1931. En 1937, l’empire se lance dans une invasion de la Chine, avec le bombardement de Shanghai et de Canton. Trois cent mille Chinois furent exterminés lors du massacre de Nankin.

L’attaque de Pearl Harbour déclencha la guerre du Pacifique. Le Japon occupa alors la Birmanie, la Thaïlande, Hong Kong, Singapour, l’Indonésie, la Nouvelle-Guinée, l’Indochine française et des îles du Pacifique L’occupation de ces territoires fut marquée par des crimes pour lesquels les pays occupés demandent encore des réparations. La reddition de l’empire s’effectue le 15 août 1945 après les bombardements nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki, suivis de l’invasion soviétique du Mandchoukouo. Le traité de paix avec la Russie est d’ailleurs toujours en cours, avec la question des îles Kouriles encore occupées depuis la fin du conflit.

La rigueur sociologique du Japon peut être souvent présentée en exemple, mais l’affaire Carlos Ghosn semble malheureusement, par certains aspects, rappeler des comportements insoutenables. Quant aux bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki, ils restent heureusement les seuls emplois nucléaires de ces 75 dernières années.

Veillons à ce qu’ils restent des exceptions.