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Espagne : impasse électorale avec un gouvernement de gauche minoritaire et plusieurs défis à relever

Un clash est possible : La France et l’Europe doivent s’y préparer. Madrid se trouve devant ces trois défis que sont l’économie, la politique et le problème catalan.    

1- L’économie.

Rappelons les données de base du pays qui compte 46 millions d’habitants avec un PIB représentant la moitié de celui de la France. L’État providence est peu développé : le pays possède un taux de prélèvements obligatoires très bas (37 % du PIB) et les dépenses sociales sont  parmi les plus faibles de la zone euro (20,3 % du PIB. En 2017, l’Espagne compte deux fois plus de « supers riches » qu’avant la crise de 2008. Près de 50 % du PIB du pays sont détenus par 0,4 % de la population. Selon l’UNICEF, l’Espagne est un des pays où la pauvreté infantile est la plus élevée. En 2017 elle touche plus de 1 400 000 enfants. Le pays a connu une grave crise depuis 2008 .Celle-ci a d’abord commencé par  la construction due à l’effondrement des prix. Cette crise se caractérise par une forte montée du chômage, qui touchait plus de 26 % de la population active au deuxième trimestre 2012, contre environ 8 % un an auparavant. Le chômage espagnol est désormais le plus élevé de l’Union européenne, après celui de la Grèce.

En 2018, l’Institut national des statistiques (INE) indique que 21,6 % de la population vit dans la pauvreté. Les régions les plus affectées sont l’Estrémadure (38,9 %); l’Andalousie (31 %) et les îles Canaries (30,5 %). D’après cette étude, les ménages pauvres consacrent près de 40 % de leur revenu au logement.

Depuis le 1er janvier, le salaire minimum a augmenté de 22 %, à 1 050 € par mois. Une hausse spectaculaire dont l’impact est difficile à prévoir. Pour le patronat la question est tranchée : cette augmentation de 22 % est un non-sens économique qui conduira à des destructions d’emplois.

2- La politique.

Après le dépouillement  des bulletins de vote, le Parti socialiste (PSOE) de Pedro Sanchez, qui espérait obtenir une majorité claire pour mettre fin au blocage politique minant le pays depuis 2015, ne compte plus que 120 députés.

Sous les cris d’encouragement de ses partisans, il s’est engagé à «débloquer la situation politique et à former un gouvernement progressiste». S’il parvient à être reconduit par la chambre des députés, ce qu’il n’avait pas réussi à faire après le scrutin d’avril, Pedro Sanchez devra se contenter d’un fragile gouvernement minoritaire obligé de négocier des appuis au cas par cas au Parlement.

L’extrême droite double son score : Vox, formation ultranationaliste et anti immigration, entrée au parlement en avril avec 24 élus, a poursuivi son ascension et remporté 52 sièges. Elle devient ainsi la troisième force politique du pays : le résultat a été salué par Marine Le Pen et l’italien Matteo Salvini.

Podemos, la gauche radicale, est sollicitée par Salvini. Il ne faut exclure aucune hypothèse, y compris celle d’une nouvelle répétition électorale. Même si l’intérêt bien pesé de la gauche républicaine catalane, qui semble vouloir renoncer à la politique du pire, est de s’abstenir. Le PSOE pourrait gouverner avec un Podemos qui, par ailleurs, ne fait plus peur à des institutions européennes. De petites formations régionalistes pourraient voter en faveur de Pedro Sanchez et, peut-être en échange d’une grâce royale des leaders indépendantistes emprisonnés, la gauche républicaine espagnole pourrait s’abstenir. Pedro Sanchez réunirait ainsi plus de «oui» que de «non» à un vote d’investiture. Une autre question à envisager est la durée de vie de ce gouvernement…

3- Le problème catalan.

Rappelons que la Catalogne est une région autonome de cinq millions d’habitants, avec Barcelone comme capitale et elle qu’elle est dotée d’un Parlement. Sa volonté d’indépendance reste un souci permanent pour Madrid.

Le soutien de ses députés est nécessaire à Pedro Sanchez. L’obtiendra-t-il ? Le trio socialistes, ultra gauche, catalans est-il possible et viable ? Nous craignons que non. Paris et Bruxelles doivent prévoir et tenter d’éviter une crise majeure.

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