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La magie du Freischütz de Weber au Théâtre des Champs-Elysées

Après l’Allemagne, le Luxembourg, Aix-en-Provence  voici le Freischütz de Weber aux théâtre des Champs-Élysées. Cette production a envoûté la salle. On peut comprendre.   

Le choix de cette version originale en allemand et non celle en français plus tardive, effectuée par Berlioz, la sobriété de cette mise en espace pleine de poésie et de charme malgré son austérité, les qualités de l’orchestre Insula dirigé par leur chef Laurence Equilbey celle du chœur Accentus ou du plateau vocal, tous ces atouts nous ont permis de vivre ce conte dans un véritable émerveillement musical.

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C’est la belle histoire de ce chasseur, tireur d’élite, qui doit impérativement gagner un concours de tir pour obtenir la main de la jeune Agathe. Pour être sûr du succès il accepte l’aide du diable qui distribue des balles magiques mais qui ainsi le lie au pouvoir de la magie noire.

Certes certains vont déplorer une absence de mise en scène qui aurait pu d’avantage accompagner cette belle histoire. Mais on évite ainsi de voir une transposition qui loin des forêts pourrait se passer dans un hôpital psychiatrique où sur la lune, selon le phantasme du metteur en scène ; on peut regretter la rigidité des chœurs et des personnages très statiques mais leur chant magnifique exprime parfaitement le déroulement de l’histoire…

On ne peut nier l’efficacité des images projetées en vidéo comme  le miroitement des jolies teintes d’automne d’une forêt, et des idées drôles, naïves  du 14 :20 de la compagnie rouennaise qui évoque la magie, le monde irrationnel avec  des balles lumineuses qui tournent dans l’air ou celles d’un chorégraphe en apesanteur; pourtant  un climat d’inquiétude  rode  avec le choix de ces  teintes  sobres : camaïeux de noir, gris et blanc .Ce décor sombre contraste et met en relief la fougue, la passion, l’angoisse le rêve, tout ce que contient cette magnifique partition ! Enfin et surtout les  voix : petit miracle de pureté, la soprano Sud Africaine : Johanni van Oostrum chante comme un oiseau, Agathe sensible, frémissante, pleine de nuances en compagnie de sa suivante  autre très charmante jeune femme : Chiara Skerath, Annchen douée d’une grande agilité vocale, drôle et volubile et  Max  qui fait appel au diable pour sauver son amour, est magnifiquement incarné par le ténor  Stanislas de Barbeyrac qui module sa belle voix selon toutes les épreuves  traversées par le jeune héros. Le reste de la distribution vocale est également sans faille.

Et puis, l’Insula Orchestra dirigé par Laurence Equilbey nous plonge dans le romantisme de cette écriture musicale pleine de fougue, de raffinement, d’enchantement ; on avait déjà entendu l’œuvre en province, dirigée par cette femme étonnante qui obtient de son orchestre le chatoiement de chaque phrase musicale et tout le merveilleux lyrisme de la partition.

Alors certes quelques-uns ont manifesté leur déception devant l’absence de mise en scène mais la très grande majorité du public, à la fin de la représentation a exprimé son contentement, sa joie et son plaisir en faisant une longue et bruyante ovation. Le public se révèle un bon juge car les Champs Élysées nous ont permis de voir et d’entendre ce splendide opéra romantique, que l’on voit si rarement, dans d’excellentes conditions. Cette soirée augure bien de la saison théâtrale programmée par cette salle.

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