le direct Musique sacrée

Célébration du 150ème anniversaire de la mort de Berlioz à Strasbourg  

Enfin nous rendons justice à Berlioz, cet immense compositeur si mal aimé du temps de son vivant ! La critique d’Edith Walter.

L’exécution spectaculaire de « La Damnation de Faust » dans la salle Érasme du Palais de la musique de Strasbourg apporte un baume aux cœurs des amoureux de cette splendide musique. Ce concert fait suite à un précédent concert donné il y a deux ans avec les Troyens dans cette même distribution de grand luxe ! C’est le chef d’orchestre américain John Nelson, qui, apprécie particulièrement l’Orchestre Philarmonique de Strasbourg, que l’on a retrouvé avec de vraies stars : Joyce DiDonato (Marguerite) Michael Spires (Faust),  Nicolas Courgal (Méphistophélès) Alexandre Duhamel (Brander) ; avec le chœur Gulkenkian et les petits chanteurs de Strasbourg – Maitrise de l’opéra du Rhin : un public de 2000 personnes fait face à 237 exécutants …

On s’interroge sur ces mystérieux liens qui lient encore aujourd’hui ces interprètes essentiellement étrangers au génie français de Berlioz.

Les trois rôles principaux sont américains et aujourd’hui selon l’estime générale, aucun autre chanteur choisi pour cette distribution, n’incarnent mieux Marguerite, Faust et Méphisto. On est émerveillé par le ténor Michael Spyres, Faust, passionné par ce rôle qu’il interprète sur toutes les grandes scènes… Il s’engage dans cet amour fou avec cette voix et ce timbre de rêve, modulant dans une aisance confondante, une ligne vocale qui suit tout le drame du futur damné. Que ce soit la mezzo-soprano Joyce Di Donato, Marguerite, cet ange blond, auquel on s’identifie tant la voix nous fascine ; cette voix solide, pure, incandescente nous trouble dans le duo d’amour, nous bouleverse lorsque la prison se referme sur elle; quand au diable, ce Méphisto incarné par la basse de Nicolas Courjal, (seul français) il nous impressionne, machiavélique, distillant son poison à travers le timbre  sombre d’une voix qui épouse toutes les inflexions de la noirceur de sa mission.

Le chœur Gulbenkian et les petits chanteurs de Strasbourg nous enchantent tout au long de leur longue partition.

Mais sans doute le principal artisan, responsable de cette exécution mémorable, est ce chef s’orchestre américain John Nelson ; comme à l’accoutumée lorsqu’il dirige Berlioz, il nous fait vivre une véritable épopée ; avec l’orchestre de Strasbourg la tragédie de Faust transposée et transcendée en musique par Berlioz révèle toute l’ivresse du sentiment amoureux, le pouvoir de la nature, la brulante alchimie de la douleur.

L’immense orchestre déploie successivement frémissement, violence, douceur angélique, grâce à une juste coloration instrumentale, graduée magistralement selon  l’intensité du récit musical.

Le public, envouté, fait une véritable ovation à ces remarquables musiciens.

Cette superbe exécution sera captée grâce à Warner comme pour le précédent enregistrement des Troyens qui a connu un triomphe dans le monde entier…

Autre bonheur, l’annonce de Roméo et Juliette, toujours à Strasbourg, interprétée par la même équipe l’année prochaine.

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