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Religieuses abusées dans l’Eglise: « nous voulons saluer le courage des victimes et surtout demander pardon aux victimes du père Marie Dominique Philippe »

Religieuses abusées, l’autre scandale de l’Eglise. Arte diffuse ce soir une enquête de deux années sur des abus commis par des prêtres au sein de l’Eglise. Les frères de Saint Jean ont tenu à rappeler leur solidarité avec les victimes et la volonté de lutter contre les abus.  

Le pape a admis le 5 février dernier que des religieuses avaient servi « d’esclaves sexuelles » à des prêtres, faisant référence notamment aux agissements des pères Marie Dominique Philippe  (fondateur de la communauté St Jean) et Thomas Philippe (son frère aîné et inspirateur de Jean Vanier). Si quelques ajustements semblent nécessaires l’enquête est sérieuse et concerne en grande partie les deux frères. Les témoignages de Michèle France, victime des pères Marie Dominique et Thomas Philippe est glaçant.

Dès 2013, le prieur général de la communauté St Jean avait fait état de « graves manquements à la chasteté » de la part du père Marie Dominique. « Quand le prieur général s’est exprimé, il n’avait pas accès à des témoignages explicites » souligne Frère Jean-Yves, porte-parole de la communauté, suite à la révélation, en 2013, de ces graves manquements à la chasteté, s’en sont suivis d’autres témoignages, plus explicites. C’était l’intention de notre prieur général de dire sa disponibilité pour recevoir d’autres témoignages. »

Non sollicitée par Arte, la communauté voudrait « s’adresser d’abord aux victimes et saluer leur courage parce que ce sont des témoignages comme ceux là qui nous permettent de mieux comprendre aujourd’hui le mécanisme des abus, de mieux appréhender ce qu’elles ( les victimes) ont souffert et de mieux mesurer l’impact que ces terribles agissements ont sur leur vie. Donc nous voulons saluer le courage des victimes et surtout demander pardon aux victimes du père Marie Dominique Philippe et demander pardon aux victimes de nos frères. » tient à souligner Frère Jean-Yves.

Volonté de transparence depuis quelques années, la communauté a lancé une adresse mail permettant aux victimes de se faire connaître et s’est engagée dans la lutte et la prévention des abus rajoute le frère Jean-Yves :

Quand on demande au frère s’il conseille ce documentaire (la communauté a pu le visionner avant), il estime, à titre personnel, qu’il est « bon d’entendre le témoignage des victimes, après chacun a son histoire propre, je me garderai de le conseiller à outrance mais le témoignage des victimes est essentiel. On en a besoin et nous avons dès lors encouragé nos frères à regarder ce documentaire. « 

La CEF s’est également exprimé par communiqué, s’associant à la Conférence des Religieux et Religieuses de France (CORREF) sur ce documentaire: « La chaîne Arte diffusera ce soir 5 mars  un reportage terrible et dramatique sur les abus sexuels dont des religieuses ont été victimes de la part de religieux ou de prêtres  diocésains. La Conférence des évêques de France s’associe pleinement à la CORREF  dans sa profonde indignation, sa tristesse et sa colère. C’est d’abord vers les religieuses et religieux, victimes de ces abus, que la CEF tourne ses pensées et ses prières. Tous les évêques de France veulent leur apporter leur soutien. »

 

 

 

Commentaires

  1. APRES CETTE ENQUÊTE DE ARTE JE DEMANDE A L’EGLISE DE FRANCE « LA FILLE AÎNÉE DE L’EGLISE » DE MONTRER L’EXEMPLE POUR RÉTABLIR LA CONFIANCE DANS NOS RELIGIEUX. JE PRIE POUR CELA.

    UN CATHO

  2. J’ai vu,hier soir,ce documentaire terrible,je pense très fort à toutes les victimes et je remercie profondément celles qui sont arrivées à témoigner, indispensable pour qu’enfin la vérité sorte.

    En ce mercredi des cendres 2019, je vous rejoins par la prière.

    Marie-Claire (86 ans dans quelques semaines)

  3. Madame Pesneau dit avoir commencé à être abusée sexuellement à partir de 1971 alors qu’ell était religieuse dans un couvent de carmélites. Or les couvents de carmélites de cette époque avaient des grilles et même des doubles grilles… Je me demande comment cela a pu se passer. C’est une question de bon sens! J’ai connu le Père M-D Philippe en 1987. Il passait son temps entre prière, conférences et accompagnement spirituel (les entretiens duraient en moyenne 5 minutes). Il se couchait tard et se levait très tôt. Je ne sais pas où il aurait puisé l’énergie pour ses activités sexuelles. J’ai beaucoup de compassion pour les personnes en souffrance et pour les victimes d’actes ignobles comme les abus sexuels. Mais de là à croire tout ce que l’on raconte… Le doute me paraît légitime. En outre, j’ai suivi l’enseignement philosophique donné par les Frères de Saint Jean et si d’une chose je suis certaine c’est que si j’ai gardé la foi catholique, je le dois à cette formation de l’intelligence à l’école du réel que j’ai découverte chez eux et que jamais je ne renierai. Pour finir, si j’étais diable et que je voulais détruire l’Église, la première chose que je ferais serait attaquer la base métaphysique de la théologie (le Père Philippe insistait beaucoup sur cet aspect). Ainsi les fidèles (hiérarchie comprise) deviendraient tous modernistes sans même s’en apercevoir…

  4. documentaire supérieurement dérangeant, voire déstabilisant,véritable potion amère devant lequel je trouve que la réaction de la Communauté St.Jean telle que je viens de la lire ci-dessus, me semble très juste, très courageuse, et même très intelligente. L’Eglise a par le passé eu trop souvent recours à d’écclésiales palissades sur lesquelles les « passants » étaient précisément invités à passer leur chemin, ce qui revenait – tout en consacrant l’orgueil du « sachant » ecclésial patenté, à un déni de réalité, partant du principe que le chrétien « vulgaris » n’est pas apte à juger. Certes, mais nous dit l’Evangile, – tout au moins dans la version que je lis ! – pas seulement le « vulgaris » ! comme l’a récemment rappelé notre Pape François. Beaucoup à dire encore, beaucoup à attendre et à redouter, et aussi à méditer, mais gardons tous la volonté de ne plus cacher, ni nous cacher, quoiqu’il semble en coûter au premier abord, sous peine de nous affilier définitivement à l’Association toujours vivace des « Sépulcres blanchis ». Au fait, qui la préside ?
    En en plus, nous sommes le mercredi des cendres… Coïncidence recherchée ou simple hasard de la programmation ? Peu importe, prions, tonnerre de Brest ! prions ! Souquez ferme comme disent les marins, le vent souffle fort et il vous glace le sang, mais après la brume nous savons qu’il y a le port. Mais attention aux grosses vagues ! Ce ne sont pas les premières que l’Eglise ait eu à affronter, sur son petit canot de pas grand’chose !

  5. Pour démêler le vrai du faux, il est intéressant se reporter au blog de la nièce des pères Thomas et Marie-Dominique Philippe, Marie Philippe : http://marie-dominique-philippe.com.
    Pour ma part, ayant suivi les enseignements du Père M-D Philippe, je récuse le commentaire sur l’amour d’amitié qui amalgamerait le spirituel et le sexuel. Quand j’interroge les théologiens pour savoir où ils l’ont trouvé, aucun n’est à même de me répondre. La rumeur …

  6. je suis athée et j’ai regardé le documentaire sur ARTE. Le plus incroyable dans cette affaire est que ces femmes, qui étaient jeunes dans les années 70, des années donc où la domination patriarcale commençait a être nettement remise en cause et où le « droit des femmes de disposer de leur corps » était quasiment le leit-motiv de l’époque, le plus étonnant dis-je est de constater comment ces femmes n’ont pas eu les moyens personnels de se défendre. Le « voeu d’obéissance » qu’elles invoquent toutes me semble alors totalement décalé par rapport à l’époque et, ce que j’en conclue, c’est qu’on avait là toutes les conditions pour qu’une emprise psychologique soit possible. La prononciation de ce voeu, si contraire à l’esprit de libération des esprit qui valait alors, désignait des personnes « prédisposées » par une configuration psychologique quelconque à être les victimes potentielles de ces « directeurs de conscience ». Diriger une « conscience » n’est-il pas déjà un viol psychologique et n’est-il pas la porte ouverte à un viol sexuel au quasi-sexuel dans la manière dont il est vécu ? Conserver cette possibilité de domination hiérarchique d’un esprit sur un autres, l’un étant « fort » et l’autre évidemment « faible », n’est-ce pas conserver les conditions objectives qui permettront la perpétuations de ces crimes ?

  7. Je suppose que la nièce des pères incriminés, certaine de l’innocence de son oncle, va attaquer en diffamation les auteurs des témoignages, les journalistes et la chaîne Arte…

  8. Le film est particulièrement difficile et éprouvant mais a le très grand mérite d’informer chacune et chacun. Jusqu’â présent, ces faits étaient cachés au grand public.
    C’est une horreur absolue qu’ont vécue ces femmes.
    Et ce qui se passe surtout pour les religieuses africaines est insoutenable, que ce soit à Rome ou sur le continent africain.
    Tous les prêtres ont besoin d’être suivis et cadrés par des équipes pluridisciplinaires, composées d’ecclésiastiques, mais aussi de personnes de la sociêté civile, de professionnels de l’écoute, de psychiatres et psychologues, pour ne pas développer des problématiques particuliéres, pour échanger et être recadrés tout de suite si nécessaire.
    Les sœurs doivent pouvoir participer à des groupes de parole OBLIGATOIRES avec des professionnels compétents pour les entendre et les aider si besoin, et ce toujours en dehors de leur communauté pour que leur parole puisse se libérer.
    Les pratiquants sont très choqués par ce qu’ils ont vu et entendu hier soir, car une chape de plomb couvrait ces faits. Les sœurs étaient sous emprise, peur de réagir leurs vœux. Ces prêtres dont il a été question auraient dù fair face à la justice.

  9. Cynisme honteux de la CEF qui sait très bien, car elle a été saisie de ces débordements en son temps, que s’ils ont été possibles, c’est que tous les prélats qui ont été en charge de la tutelle de la Communauté Saint-Jean ont été défaillants pour certains, complices pour la plupart.
    Et ils étaient au courant de (presque) tout.
    Il n’y a rien à tirer de l’institution.
    Elle est irréformable.

  10. Ne croyez-vous pas que ces drames terribles et inadmissibles sont dus à l’état de dépendance créé par le statut supérieur du prêtre, confesseur et « conseiller spirituel » qui est vécu comme représentant de Dieu, sans contrôle possible ? j’invite touts les catholiques à mettre en question leur lien aux prêtres, qui sont bien proches de ceux existants dans les sectes. Inspirez-vous des protestants, beaucoup plus libres de ce point de vue. Les Laïcs, après de telles révélations, doivent reconquérir leur dignité dans l’égalité avec le prêtre simple serviteur. JP Cambier Dr en Philosophie, qui a connu le « père » (le mot me brûle la bouche) MD Philippe.

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