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Mgr Michel Aupetit : « le plus difficile, c’est le premier oui »

30 évêques, près de 300 prêtres, Mgr Michel Aupetit a été installé en la Cathédrale Notre Dame de Paris. Il revient sur sa vie et son parcours au micro de Marie-Ange de Montesquieu. 

Mgr Aupetit installation

« Je ne sais pas où le Seigneur m’emmène mais il m’emmène dans de drôle d’endroit« , plaisante -t-il. Une interview avec Mgr Aupetit commence toujours en chanson, avec Brassens, les Beatles, ça le détend. Il nous parle de son enfance, de ces messes derrière un pilier d’église avec son frère, « je ne suis pas bulldozer, j’étais plutôt caché. Quand on allait à la messe avec mon frère, je me cachais derrière un pilier pour être discret. Plus tard quand on m’a demandé d’animer la messe parce que je jouais de la guitare, j’ai dit « je veux bien mais derrière le pilier » je ne voulais pas que les gens me voient. Donc je me suis toujours caché et en fait c’est le Seigneur qui m’a sorti de mon pilier, il m’a exposé et puis là pour être surexposé, je le suis… donc je ne suis pas un bulldozer, j’étais discret mais là c’est fini » .

Mgr Aupetit nous parle de ses parents, de cette mère « pas pilier d’Eglise mais avec une foi très profonde » et de ce père qui se doutait qu’il rentrerait au Séminaire après s’être installé comme médecin. « Maman était inquiète, elle était persuadée qu’un prêtre vivait comme un sdf et puis quand elle est venue au Séminaire, elle a vu qu’on mangeait bien, qu’on rigolait bien, elle a vite été rassurée ». « Quand je suis rentré au Séminaire je me suis dit bon bah si j’arrive à être curé ça sera bien, parce que curé c’est s’occuper des gens, c’est prendre soin des gens« .  C’est en 1995, qu’il est ordonné et n’a eu de cesse depuis de gravir les échelons de la hiérarchie ecclésiale, et si c’était à refaire, il n’hésiterait pas, « je redirais oui au Seigneur, ça c’est sûr. Je confie ma vie au Seigneur, de toute façon il m’emmènera là où je dois être heureux dans la mesure où j’accepte d’accueillir sa volonté. Chacun mène sa barque et c’est comme ça que j’envisageai ma vie, mener sa barque, savoir où je vais, et puis quand le Seigneur rentre dans votre vie, il nous dit « passe devant » et passer devant c’est tourner le dos à l’horizon donc on ne sait pas où l’on va et celui qui tient la barque c’est le Seigneur. Donc là c’est l’aventure mais il faut accepter de vivre cette aventure, une fois que vous l’avez accepté, vous acceptez tout et vous allez bien« . Le plus dure c’est le premier « oui », souligne -t-il, « c’est de se dire c’est bon j’abandonne ma vie dans les mains du Seigneur ».

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Un homme de foi qui obéit, Mgr Aupetit le rappelle en souriant : l’évêque, c’est celui qui obéit à tout le monde, « les gens me disent ‘vous allez là’, et bien je vais là, ou ‘vous allez ailleurs’, je vais ailleurs. Il faut aller dans telles réunions, je vais dans cette réunion, on me dit qu’il faut parler, alors je parle (…) taisez vous, je me tais. L’évêque c’est celui qui obéit à tout le monde. L’évêque est serviteur, il obéit vraiment à tout le monde ». Quant à savoir si le « job » d’archevêque est marrant, il répond du tac au tac, « c’est à vous de le rendre marrant. Quand j’arrive quelque part, je chante, je siffle du coup les gens chantent et sifflent aussi (…) Quelque part on vient annoncer l’Amour de Dieu, on vient annoncer la joie, je ne vois pas pourquoi ça ne serait pas marrant ».

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