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Quand le Père Nicolas Buttet rencontre Arielle Dombasle

Arielle Dombasle en rédactrice en chef d’un magazine qui s’appelle Jésus, ça détonne ! Pas tant que ça, pour le père Nicolas Buttet « c’est une personnalité qui mérite vraiment d’être connue dans ce qu’elle a de plus profond et de plus vrai en elle ». Rencontre. 

Pierre Chausse et Grégory Turpin, de Première Partie,  disaient de ce magazine « Jésus », qu’il est une « bizarrerie » médiatique, quelque part vous êtes aussi une « bizarrerie » dans le monde catholique ? 

On a besoin de sécurité, on a besoin d’avoir les choses dans des moules, dans des formes particulières, notre soif d’aventure est parfois assez restreinte, on a beaucoup de peine à sortir de nos zones de confort, pour aller en zone de challenge ou d’angoisse. Jésus nous met tout le temps en zone d’angoisse, il va toujours en périphérie, il va toujours dans des lieux décalés, chez des personne décalées. Je trouve que ce magazine est l’expression même de ce qu’est Jésus. C’est ce qui me touche beaucoup. Il est avec des personnes décalées, qui sortent des cadres et qui manifestent que Jésus est vraiment là.

Vous faites parti des portraits de ce mook, vous avez rencontré Arielle Dombasle pour la première fois ce matin, elle détonne ? 

J’étais très touché, d’abord parce que j’ai vu qu’il y avait une correspondance entre les mots et le cœur, ce qui n’est pas toujours évident pour des gens qui vivent dans le show-business. J’étais frappé de la structuration intellectuelle d’Arielle Dombasle même dans le vocabulaire qu’elle utilise : Foi, Espérance et Charité, elle cite les oraisons funèbres de Bossuet, tout était là. J’ai vraiment été touché par cette intelligence du cœur et une cohérence quand elle disait aussi qu’elle ne pouvait pas distinguer le bien et le mal si elle n’avait pas l’Évangile et qu’elle serait perdue par rapport à cela dans le monde actuel. C’est extrêmement pertinent. On la voit à l’extérieur dans le show-biz et tout à coup on la rencontre face-à-face. C’est une personnalité qui mérite vraiment d’être connue dans ce qu’elle a de plus profond et de plus vrai en elle, c’est-à-dire cette rencontre avec le visage du Christ qu’elle a vécue à 4 ans comme elle le raconte, c’est quelque chose qui me frappe.

Arielle Dombasle est connue et reconnue, vous aussi, dans le milieu catholique, comment fait-on pour garder le cap ? 

Il y a deux choses : d’abord la prière et l’écharde dans la chair que le Seigneur laisse et qui est vraiment une façon de nous rappeler que nous sommes des sauvés, des rachetés, que le Seigneur nous a arrachés des ténèbres et que sans lui, on n’est rien. Et puis il y a des frères et sœurs, moi j’ai la grâce de vivre en communauté, et de vivre avec des jeunes, que l’on accueille, et qui n’ont pas peur de me dire la vérité. Dans la communauté, je suis Nicolas, simplement et on ne me laisse rien passer, j’aime beaucoup, c’est une grande grâce. ça me rectifie, ça m’aide à être en vérité. Un jour, j’étais en conférence, je parlais de la charité dans les petits détails, et puis il y a l’un des jeunes qui, d’un coup, me dit, « ouais, Nicolas, moi je ne t’ai pas vu à la vaisselle« , j’ai trouvé ça génial. Cela m’interpellait sur ma façon de m’impliquer dans les petites tâches. La façon dont il me l’a dit, avec cette simplicité, c’est le meilleur moyen d’éviter de se perdre. On peut se perdre et je suis frappé qu’une personne comme Arielle Dombasle qui a cette carrière prodigieuse, reste dans cette humilité et dans cette clarté d’intelligence. Et puis, elle a cette clarté quant au beau qui est proprement extraordinaire et rare.

Elle en parle, mais vous, pensez-vous qu’on peut encore toucher les catholiques par l’art, la musique ? 

Je pense qu’il ne doit pas y avoir un seul lieu qui n’est pas investi par Jésus. Pas par la doctrine chrétienne, l’idéologie, il ne faut pas intellectualiser parce que ça entraîne deux problèmes : d’abord, ça éloigne beaucoup de gens, parce qu’en se limitant à des débats d’idées, on oublie que le Christ ce n’est pas une idée, c’est une personne. Donc finalement, on empêche les gens de rencontrer la personne de Jésus à la façon dont Jésus lui-même veut rencontrer la personne, et qui est complètement déconcertante. Jésus peut parler à travers des personnes brisées. La deuxième chose, c’est que l’intellectualisation, c’est un mécanisme de défense psychologique et qui est une façon d’esquiver la rencontre avec soi et la rencontre avec l’autre. C’est ce que le pape appelle aujourd’hui « la gnose », une façon d’éviter Jésus-Christ. En soit, c’est la peur de laisser Jésus éclairer nos blessures, c’est la peur de la vulnérabilité et la fêlure par laquelle Dieu pourrait rentrer et la grâce pourrait agir. Le christianisme, c’est cette grâce, la vie de Dieu déployée dans nos blessures, nos misères.

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