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SOS Méditerranée honore les femmes

L’association de sauvetage de migrants dans la Méditerranée a rendu hommage aux femmes secourues et celles de l’association, lors du bilan des deux ans de campagne en mer.

Le panel de la conférence de presse.
Le panel de la conférence de presse.

Créée le 9 mai 2015 pour la journée de l’Europe, SOS Méditerranée fête cependant les deux ans de la première campagne en mer. L’association lutte pour secourir les migrants en mer, qui sont souvent sur des embarcations de fortune, dans des conditions inhumaines. Pour cela, elle possède l’Aquarius un bateau avec à bord de quoi accueillir et soigner les rescapés. Une équipe de personnel médical de Médecins sans frontière est à bord. En plus du sauvetage, l’association a donc une mission de protection, de soin et d’accompagnement. La dernière mission, mais toute aussi importante, est celle de témoignage et d’interpellation. Le président de SOS Méditerranée France, Francis Vallat, précise qu’il y a : « une faiblesse de la réponse institutionnelle », pour ne pas dire inexistante en termes de secours. La procédure favorisée est celle de la reconduite directement en Libye. Ce pays que les migrants cherchent à fuir.

Un bilan positif mais insuffisant

Fabienne Lassalle, directrice adjointe de SOS Méditerranée, dresse un bilan des deux ans de campagne de sauvetage : 27101 personnes sauvées, 159 opérations de sauvetage, 54 opération de transbordement. Cela représente 19.6 % du nombre de personnes sauvées par les ONG maritimes. En tout, les ONG prennent en charge 41 % des opérations de sauvetage en 2017. Ces opérations ont un coût : 11000€ par jour en mer. Pour cela, l’association compte sur les dons privés qui représentent 90% de leurs ressources. Avec près de 30 000 donateurs, la directrice adjointe de l’association reconnaît un véritable élan populaire. Si le bilan est positif, il reste insuffisant à la vue de l’immensité de la tâche et du peu de personne pour la remplir, les institutions européennes étant presque absentes, mise à part celles italiennes.

Les femmes mises en valeur

Elle relie d’ailleurs ce bilan avec la journée des droits de la femme, pour mettre en avant les besoins des migrantes. Elles souffrent particulièrement des violences lors du trajet vers la Libye, notamment de violences sexuelles. Dans les embarcations, elles sont mises au centre, éloignée de la mer, mais là où le fioul stagne avec l’eau salée. Ce mélange est néfaste pour la peau et le corps humain en général. 4097 femmes ont été secourues, soit 15 %. Cependant pour Fabienne Lassalle, le pourcentage de femme dans le nombre de disparus en mer est plus élevé à cause des conditions de trajet. Les femmes de l’association aussi étaient mises à l’honneur. Celles sur le bateau comme soignante ou marin-sauveteur. A terre, sur les 250/300 bénévoles, 76% sont des femmes. Les directeurs nationaux dans les quatre pays ou l’association est présente sont … des directrices. « On va mettre des quotas pour les hommes », sourit le président SOS Méditerranée France.

Alice Gautreau, sage-femme à bord

Cette conférence a aussi permis de donner la parole à Alice Gautreau qui a été sage-femme à bord pendant quatre mois. Son témoignage et son engagement est un exemple des femmes qui s’engagent sur l’Aquarius. Elle raconte son expérience dans un livre qui vient de paraître : « Seuls les poissons morts suivent le courant ».

>> Alice Gautreau, invitée de Rencontre

Madame Monsieur en ambassadeurs

Enfin, le duo Madame, Monsieur, représentant la France à l’Eurovision cette année ont redit leur attachement à l’association et le besoin de communiquer autour des enjeux des migrants.

C’est la naissance d’une petite fille sur l’Aquarius qui va être le moteur de leur chanson Mercy, du nom de l’enfant.

Un soutien que ne démentira pas le directeur du Petit Bain, Ricardo Esteban, cette péniche salle de spectacle sur la Seine. Le soir même avait lieu un concert de Madame Monsieur au profit de SOS Méditerranée.

L’association continue ses campagnes de sauvetages. L’Aquarius est actuellement l’un des deux bateaux d’ONG en mer pouvant naviguer en hiver.

>> Pour aller plus loin : http://www.sosmediterranee.fr/ ; « Seuls les poissons morts suivent le courant » (Pygmalion), 176 pages, 18 €.