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Malka Marcovich : « mon héritage de mai 68, c’est qu’il n’y a pas de tabou et que tout doit être dit »

Grand Témoin – Malka Marcovich est historienne, consultante internationale en droits humains et droits de la femme. Elle publie « L’Autre héritage de Mai 68 – la face cachée de la révolution sexuelle » (Albin Michel), dans lequel elle dénonce les dérives de la révolution sexuelle en matière de droit des femmes.

Mai 68, ça fait 50 ans qu’on en parle. Chacun en tire des conclusions, des héritages. Mais tout le monde n’a pas les mêmes. Malka Marcovitch a voulu regrouper les héritages « dont nous sommes tous finalement héritiers », précise-t-elle. Mais elle veut aussi montrer qu’il existe des restes qui ne sont pas reluisants, surtout en matière de révolution sexuelle. Pour elle : mai 68 a « entériné un nombre de comportements qui sont violents, des comportements entérinés au nom de la liberté, à partir des années 70 ». Elle a voulu expliquer « comment, finalement, dans la période des années 70/80, certaines personnes, et en particulier une génération plus jeune, ont pu croire que certains principes de liberté pouvaient amener à des relations sexuelles abusives ».

Le libertinage et l’égalité homme/femme

Malka Marcovitch assure quand dans la tradition libertine, il n’y a pas forcément l’idée d’égalité des sexes. Si les abus sexuels et les violences existent depuis longtemps, l’estampillage libertaire a porté atteinte au droit des femmes et a perpétué la domination masculine. Il existe des éléments positifs selon l’auteur : « je crois qu’il fallait lever tous ces tabous », justifie-t-elle. La différenciation entre le sexe et la procréation. Mais le côté néfaste est aussi présent. Malka Marcovitch dénonce une : « injonction à la sexualité et puis qui finalement va déboucher sur un capitalisme pornographique, le développement de l’industrie du sexe totalement débridée et qui chosifie l’être humain plutôt que de lui donner une certaine dignité ».