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La fin des syndicats en France ?

Les syndicats sont-ils en train de mourir en France. Pour en parler : Dominique Andolfatto, politologue spécialiste du syndicalisme et des relations professionnelles et Eric Verhaeghe, essayiste, journaliste à Contrepoints, et ex-directeur des affaires sociales de la Fédération patronale des assurances.

Les conflits sociaux se multiplient en France : SNCF, Air France, fonctionnaires…. Mais de l’autre côté, les syndicats perdent de plus en plus de membres et sont décriés. La CGT aurait perdu 30 000 membres en quatre ans d’après Les Echos. Dominique Andolfatto rappelle : « Ils n’ont pas toujours été faibles ». Ils oscillent aujourd’hui entre 7 et 11% selon la méthode de calcul utilisée par le ministère du travail. Ça cache une disparité public/privé avec un engagement plus fort dans le service public. « La syndicalisation dépend beaucoup des modèles sociaux, des services qu’apportent les syndicats aux adhérents », poursuit-t-il. En France, ils n’offrent pas de service direct. En Belgique, ils gèrent l’allocation chômage ou la sécurité sociale, assure Eric Verhaeghe.

Le bon et le mauvais syndiqué

L’adhésion à un syndicat peut avoir deux ressorts principaux. Soit « vous adhérez parce que vous avez des convictions », explique Dominique Andolfatto. Ce sont les « bons » syndiqués pour les responsables. Soit c’est en dernier recours face à un problème dans le travail. Là ce sont les « mauvais » parce qu’il n’y a pas forcément de solution à apporter et que l’engagement n’est pas pérenne. L’une des explications de ce faible taux est que les syndicats ont laissé de côté la lutte pour les salariés au sein des entreprises privées pour se concentrer sur le public et les grands sujets comme le chômage, les retraites… Donc moins les préoccupations quotidiennes des travailleurs. « Plus les syndicats sont minoritaires, politisés et l’affaire de quelques-uns, moins les salariés auront confiance dans les organisations », estime Dominique Andolfatto.