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François Olivennes : un médecin pour la PMA

Grand Témoin – Le professeur François Oliviennes est médecin au centre d’assistance médicale de la clinique Pierre Cherest à Neuilly-sur-Seine. Il est l’auteur de « Pour la PMA » (Jean-Claude Lattès), une plaidoirie pour la procréation médicalement assistée.

S’il publie son livre, un argumentaire pour la légalisation de la PMA, c’est parce que le professeur François Olivennes trouve qu’une place trop importante est donnée à ceux qui sont contre, dans le débat actuel. Il explique pour quelles raisons la PMA est une bonne chose et dénonce les contre-vérités sur ce sujet. A ses yeux, c’est aussi un combat pour contrer l’intolérance, car la vision des femmes ayant recours à la procréation médicalement assistée est souvent, selon lui, erronée. Il annonce comprendre les raisons de l’opposition, mais ne les partage pas.

Protéger les femmes

L’un des arguments utilisé par François Olivennes est celui de la protection et l’assistance pour les femmes ayant recours à la PMA. Si c’est interdit, alors la tentation d’aller le faire à l’étranger est plus grande. Mais les médecins peuvent être moins scrupuleux et fournir des traitements en sachant pertinemment que ça ne va pas fonctionner. Il y a non seulement une sélection par l’argent mais la prise en charge peut être moins bonne. « Il y a une pratique qui est sauvage et qu’il faut réglementer », argumente le professeur. Certaines femmes ont recours à une insémination artisanale qui les met en danger. L’homme donneur peut ne pas avoir été testé sur des maladies comme le sida. Un homme peut aussi dire qu’il ne demandera pas l’enfant et finalement en demander la paternité. La PMA peut éviter ce genre de risque pour les femmes.

Une croissance du nombre de femmes seules

Le professeur François Olivennes note une croissance du nombre de femmes seules désirant un enfant. Il y a, pour lui, une grande différence entre concevoir au sein d’un couple qui se sépare ensuite et « une femme seule dès le départ qui n’ayant pas trouvé un homme, souhaite faire un enfant », indique-t-il. Le choix est, selon le professeur, plus réfléchi, plus mûri. Il dénonce : « l’idée qu’il va y avoir une déferlante d’enfants conçus hors du couple hétérosexuel me paraît un fantasme ». Le nombre de femmes seules ne dépasse pas 5% de sa patientèle. Il regrette un manque de chiffres sérieux sur le nombre de femmes partant à l’étranger pour avoir une PMA.