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Le transhumanisme : un eugénisme déguisé

Décryptage continue son feuilleton sur les questions bioéthiques : aujourd’hui, le transhumanisme. Comment y résister ? Réponses avec le biologiste Jacques Testart et le philosophe Jean-Michel Besnier.

Le transhumanisme est cette idée que l’homme, grâce à la technique et à la science, peut voir ses performances améliorées. « Le transhumanisme c’est le nouveau nom que l’on donne à l’eugénisme », explique Jacques Testart. « Le but de l’eugénisme c’est d’avoir des hommes et des femmes de bonne qualité », poursuit-il. Jean-Michel Besnier précise : « le terme transhumanisme, on l’associe souvent à Julian Huxley, qui est le frère d’Aldous Huxley, et l’un des grands théoriciens de l’eugénisme dans les années 1950 ». Le lien entre les deux mouvements est clair.

Le mythe de l’immortalité

Ce qui sous-tend le transhumanisme c’est la lutte contre le vieillissement et la mort, si possible. « Cette idée est ancienne que les sciences et techniques peuvent nous rendre immortelle », analyse le philosophe, citant Condorcet en exemple. « La santé c’est le cheval de Troie du transhumanisme », ajoute-t-il. Comment refuser de soigner ceux qui souffrent ? Les deux invités s’accordent à penser que les personnes handicapées deviennent les « cobayes », des trans-humanistes, car les soigner n’est pas le but premier. Le vrai but est la création d’un homme augmenté. Cependant, Jacques Testart dénonce : « quand on est plus que le support d’un tas d’algorithmes, de machines qui décident pour nous, on n’est pas augmenté du tout ».