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Le Débat de la Semaine : antisémitisme, plan Borloo et Emmanuel Macron aux USA

Cette semaine, Jean-Marie de Bourqueney, rédacteur en chef Évangile & Liberté, Jean-François Colosimo, président du directoire des éditions du Cerf et Patrice de Plunkett, journaliste, débattent du manifeste contre l’antisémitisme, du plan Borloo pour les quartiers et du président aux États-Unis.

Le premier sujet au sommaire de ce débat de la semaine c’est le manifeste contre le nouvel antisémitisme paru dans Le Parisien, une tribune rédigée par Philippe Val et signée par 250 personnes de Jack Lang à Nicolas Sarkozy en passant par Pierre Arditi. Pour Jean-François Colosimo, ce manifeste va dans le bon sens car : « elle ne permet plus de laisser dans une espèce de zone grise un véritable débat ». Cela met en lumière le problème de l’antisémitisme en France. Patrice de Plunkett note : « C’est un sujet inflammatoire car dès qu’on l’aborde les accusation pleuvent ». Ce sont les musulmans qui se sont sentis attaqués. Mais les deux débatteurs précisent que selon la Commission nationale consultative des Droits de l’Homme, les meurtres de personne juives sont tous les faits de personnes d’identité musulmane. Il y a un problème autant dans le Coran par certains versets, que dans le nationalisme arabe depuis le XIXe siècle et l’islamisme actuel. Un constat réfuté par Jean-Marie de Bourqueney, qui, s’il reconnaît que politiquement et socialement il y a une collusion entre antisémitisme et anti-Israël, estime que le manifeste tombe à côté car il touche au religieux, excluant de fait les musulmans pratiquants, alors que c’est avec eux qu’il faut construire une nouvelle pédagogie contre l’antisémitisme.

Le plan Borloo de la dernière chance ?

Suite à la remise du rapport de Jean-Louis Borloo, les débatteurs échangent sur le contenu. Patrice de Plunkett trouve que le plan est très ambitieux et constructif mais se demande s’il va vraiment être mis en oeuvre au vu des politiques de la ville précédentes qui sont plus pour une baisse des investissements qu’une augmentation. « On sent Edouard Philippe déjà une peu inquiet devant l’ambition financière du plan Borloo », note-t-il. Jean-Marie de Bourqueney respecte le plan car il est fait par un homme qui a réussi à Valencienne, qui est accepté par les maires de banlieues et qui reconnait le rôle des associations. « Je sens que dans ce plan Borloo il y a enfin la prise en compte de la réalité de la précarité des associations », précise-t-il. Elles sont pourtant en première ligne, plus que l’État. Jean-François Colosimo est vent debout contre ce plan. « On espère que le gouvernement ne va pas écouter les stupidités de monsieur Borloo qui correspondent à 25 ans de politique de la ville extrêmement coûteuse, inefficaces. Borloo c’est le monde ancien dans toute son horreur. Ces plans sont mal pensés parce que monsieur Borloo n’en a rien à faire des banlieues », attaque-t-il.

Emmanuel Macron aux États-Unis

Les trois chroniqueurs sont plutôt sceptiques sur ce voyage présidentiel. « Le vocabulaire est une chose, les gestes et la théâtralité sont une chose et les résultats politiques en sont une autre », tacle Patrice de Plunkett. Il trouve que le président ne revient avec aucun résultat tangible de Washington. Jean-François Colosimo constate un décalage entre les gestes et le discours qui sont impeccables, mais à côté, une sorte d’improvisation la plus totale qui donne l’impression qu’Emmanuel Macron fait plus le marketing de lui-même que de la France. « Je me demande si le président Macron n’a pas eu pour objectif dans cette séduction de prendre le leadership européen », questionne Jean-Marie de Bourqueney. La réponse de Jean-François Colosimo fuse : « la vérité, c’est qu’il est en train d’échouer ».