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Congrès Mission : « On a cru qu’on allait devenir saint par nous même, il faut repenser notre modèle de la Sainteté »

Comment évangéliser quand l’Eglise est entachée par les péchés, Jean-Pierre Denis, Céline Hoyeau et le père Nicolas Buttet ont témoigné tour à tour.

Samuel Pruvost a voulu commencer cette conférence par un témoignage. Celui d’une femme, blessée dans son intimité par un homme lorsqu’elle est enfant. Pas de photos, ni d’enregistrement, elle souhaite garder son anonymat mais livre une leçon. Celle d’une femme qui a combattu ses démons, sa rage, sa haine et son sentiment d’abandon du Père face à la violence de cet acte.

« Amen, amen, je vous le dis : qui commet le péché est esclave du péché. L’esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison ; le fils, lui, y demeure pour toujours.Si donc le Fils vous rend libres, réellement vous serez libres. » (Jn 8, 34-36). Jean-Pierre Denis, le dit il ne peut y avoir d’évangélisation sans un travail de vérité, sans humilité, sans proximité et sans conscience de nos fragilités.

Les affaires de pédophilie entachent actuellement l’Eglise : le Chili, l’Irlande, les Etats-Unis. D’autres affaires entraînent, à une toute autre échelle, l’incompréhension, comme le suicide du père Sèbe à Rouen. « Il faut prendre la crise en face » dit le directeur de la rédaction du journal La Vie, « il faut aller dans les failles qui sont les nôtres, l’Eglise n’est pas défigurée, c’est nous qui sommes défigurés et c’est le point de départ de l’évangélisation« .

« En tant que journalistes catholiques, nous sommes amenés à visiter les arrières cuisines de l’Eglise et ce n’est pas toujours propre » témoigne Céline Hoyeau, journaliste au service religion du journal La Croix. « Quand on enquête sur les abus de l’Eglise, on peut être ébranlé mais j’aime encore cette Eglise« . La journaliste témoigne de ces années passées à Radio Vatican, de la découverte de la double vie de certains prêtres, de ce cardinal qui lui demande, au moment de quitter la radio,  pourquoi, quand elle observe la place Saint-Pierre, il y a autant de foi ici ?  » parce que les gens ont laissé leur foi ici et sont repartis sans« , lui dira-t-il. Blessée, Céline Hoyeau ne laissera pas sa foi au Vatican. « C’est une retraite qui m’a laissé une paix profonde ». « Lorsqu’on travail sur les abus dans l’Eglise comme je suis appelée à le traiter régulièrement, il faut accepter un travail sur soi, accepter son humanité pour accepter l’humanité de l’Eglise. On ne fait pas de mal à l’Eglise si on l’aide à faire la vérité« .

Pour le père Nicolas Buttet, ces drames sont des lieux d’évangélisation, « toute sainteté part d’une misère » dit-il en citant Maximilien Kolbe, le Roi David ou encore Salomon. « On a cru qu’on allait devenir saint par nous même, il faut repenser notre modèle de la Sainteté », conclut-il.