le direct Musique sacrée

Le Grand Débat : dialogue inter-religieux, Légion d’honneur, blocage étudiants et l’Europe

Carol Saba, Antoine Assaf et Guy Baret se retrouvent pour le débat de la semaine. Au programme : la visite de Jean-Louis Tauran en Arabie Saoudite, le retrait de la légion d’honneur à Bachar al Assad, le blocage de Sciences Po et la rencontre entre Emmanuel Macron et Angela Merkel.


Le cardinal Jean-Louis Tauran, président du conseil pontifical inter-religieuxest actuellement en Arabie Saoudite pour une visite de huit jours. Pour Carole Saba : « c’est déjà un pas en avant qui est très très important ». Il reconnaît que le dialogue inter-religieux est déjà en place mais que la question de la liberté de culte et la réciprocité des lieux de pratique doit encore être atteinte. Derrière ces questions, il y a celle de la liberté politique qui commence à émerger dans le royaume saoudien qui n’est pas une démocratie. « Il vaut mieux dialoguer que s’affronter. Je crains qu’au-delà de ce que je peux appeler des mondanités diplomatiques il n’y ait guère de résultats », déclare Guy Baret. Ce à quoi Antoine Assaf répond : « il y a autant de radicalisme guerrier, charnel, universalité dans le Coran qu’il y a de radicalisme du chemin unique dans le catholicisme ». Le dialogue sur la théologie a été arrêté pour un dialogue de vie, plus politique que religieux.

La légion d’honneur d’Assad

Nos débatteurs se penchent ensuite sur la légion d’honneur du président syrien. Elle lui a été remise par Jacques Chirac en 2001 dans le cadre d’une visite diplomatique. La France a décidé de lui retirer et Bachar al Assad a déclaré l’avoir renvoyée de lui-même. Pour Guy Baret, c’est un événement anecdotique, en périphérie du conflit. Antoine Assaf voit l’image en plus grand qui est, pour lui, le signe du retour de la France au Proche Orient. « Macron a compris que Trump, malgré les caricatures est un homme d’affaires. En bombardant la Syrie, en emportant la France et l’Angleterre avec lui, il finira par imposer au Proche Orient un nouveau Sykes-Picot », analyse-t-il. Mais pour cela il faut montrer les missiles à la Russie.

Sciences Po bloqué

Le troisième sujet est celui du blocage des facs et de Sciences Po en particulier. Antoine Assaf assure avoir discuté avec des étudiants coincés dehors et note que : « il y a une confusion d’esprit ». Selon lui, « il faut aller jusqu’au bout de la sélection » afin de créer des vraies universités performantes à l’exemple de Paris-Dauphine. Guy Baret ajoute : « la sélection se fait de fait par l’échec ». Si ce n’est pas à l’entrée, c’est en fin de première année que la sélection se fait. Carol Saba assure que c’est parce qu’ « il y a une forme de désillusion du politique », que les étudiants luttent en agrégeant les motifs pour essayer de trouver un sens. Guy Baret conclut : « c’est une sorte de caricature de Mai 68 ».