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Une petite histoire de l’embryon

Aux Rendez-Vous de l’Histoire – Marie-Hélène Congourdeau est chargée de recherche honoraire au CNRS et spécialiste du monde byzantin. Elle se livre dans la revue Codex dans le grand entretien. Elle évoque notamment son travail de vingt ans sur l’embryon dans l’Antiquité.

Marieè-Hélène Congourdeau est d’abord spécialiste de Byzance. Mais c’est un vaste sujet. Quand elle était au CNRS, le sujet à la mode était l’enfant au Moyen-Age en Occident. « Je me suis donc dit, je vais travailler sur l’enfant à Byzance », raconte-t-elle. Mais elle commence par étudier le droit canonique byzantin pour voir ce que le droit dit de l’enfant. Elle tombe sur ‘avortement’. Elle se penche donc sur l’embryon. « Quand j’ai commencé à regarder quelles étaient les sources dont je pouvais disposer sur l’embryon, j’ai été absolument submergée et extrêmement étonnée par l’importance de ce sujet dans les sources », explique-t-elle. Ce début était dans les années 80. Son ouvrage est paru en 2007. Il a donc fallut 20 ans pour mener a bien cette recherche sur l’embryon dans l’Antiquité aussi bien grec que biblique, chrétienne ou païenne. La recherche s’arrête avec la naissance, et chronologiquement au Ve siècle après J-C.

Deux grandes pensées sur l’embryon

La pensée sur ce qu’est un homme permet de se poser la question de l’embryon. Deux grandes idées s’opposent sur ce thème. D’une part, l’Homme est d’abord un âme qui descend dans un corps. D’autre part c’est d’abord un corps qui ensuite s’unit à une âme. « La façon dont on conçoit ce que c’est qu’une âme, ce que c’est qu’un corps détermine ce que l’on pense de l’embryon », analyse-t-elle. L’âme comme substance propre un comme principe d’animation uniquement rentre dans ce débat à l’Antiquité. Les penseurs antiques ont étudié de manière plus ou moins médicale la grossesse pour essayer de comprendre quand un Homme est un Homme.

La détermination du sexe de l’embryon à l’Antiquité

Hippocrate de Cos pense que le sexe de l’enfant vient de deux sortes semences qu’ont les deux parents. Une garçon, une fille. C’est la semence la plus forte qui détermine le sexe de l’embryon. L’homme et la femme sont à égalité. Aristote a une vision beaucoup moins égalitaire. L’homme à une semence qui donne la forme, la femme par le sang menstruel donne la matière à l’embryon. Si le mélange se passe bien c’est un garçon. Si c’est plus difficile, c’est une femme. « On a tout le féminisme d’Aristote là. La femme est le premier écart par rapport à la perfection », tacle-t-elle.