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Décryptage : Emmanuel Macron, nouvel empereur des Français ?

De qui Emmanuel Macron est-t-il le plus proche ? Napoléon Ier ou Napoléon III ? Pour y répondre Gérard Unger, auteur d’une histoire du Second Empire et Nicolas Chaudun, d’un ouvrage sur le baron Haussmann. Un invité surprise arrivera en fin d’émission.

Emmanuel Macron est présenté depuis sa victoire comme une nouveauté, celui qui a renversé le vieux monde de la politique française. D’autres personnages de l’histoire de France ont aussi cette particularité, notamment les deux empereurs du XIXe siècle. Certes, ils n’ont pas forcément bonne presse aujourd’hui, mais il est intéressant de regarder s’il n’existe pas des parallèles. « Napoléon Ier, Napoléon III et Emmanuel Macron arrivent au terme d’un cycle et ils mettent fin à un régime dont personne ne veut plus. Enfin, ils mettent fin à des méthodes politique dont personne ne veut plus », analyse Nicolas Chaudun. Napoléon Ier met fin au Directoire, le régime « le plus corrompu » de l’histoire française. Napoléon III achève une république « parfaitement  inefficace dans ces institutions même », continue-t-il. « L’élection d’Emmanuel Macron renvoie au purgatoire, au cimetière des éléphants tout un tas de politiciens foireux », explique-t-il encore. Gérard Unger ajoute : «  un sens très personnel de l’autorité » comme caractéristique.

Plus proche de l’un que de l’autre

Le suspens est terrible pour savoir de qui est le plus proche Emmanuel Macron. Nicolas Chaudun fini par l’exprimer clairement : « on convient tous les deux que c’est de Napoléon III qu’il se rapproche ». Les traits communs ? La volonté de réforme et le libéralisme économique. Parlant de Napoléon III : « il est libre échangiste » et il « instrumentalise le capitalisme industriel », assurent les deux invités. Le but : emmener la société. Le problème, c’est que Napoléon III n’aime pas le libéralisme politique au départ. « Il a compris peu à peu dans les années 1860 que la France à besoin des deux : de la démocratie et du libéralisme mais le problème, c’est qu’avec la défaite il n’a pas pu aller au bout », nuance Gérard Unger. Pour lui, il a quand même habitué les Français au suffrage universel masculin alors que ce n’était pas totalement acquis au regard de l’histoire. Nicolas Chaudun pense lui que « pendant les 10 premières année il n’est pas un démocrate », mais que il y a eu sur la fin un projet de libéraliser la société.

Le retour de Napoléon III

L’invité surprise est Jean-Marc Banquet d’Orx, un descendant adultérin de Napoléon III et Eléonore Vergeot en ligne directe par primogéniture masculine. Il note un point commun avec Emmanuel Macron. « Je retiens que la Ve République attendait toujours cette homme providentiel qui sortirait un peu du chapeau, et il est arrivé, c’est assez extraordinaire comme comparaison. Personne n’attendait Louis Napoléon comme président de la République, il l’a été, à la surprise de beaucoup », raconte-t-il. A cela, il ajoute le jeune âge : 40 ans pour Louis Napoléon Bonaparte et 39 pour Emmanuel Macron. Il désire aujourd’hui le retour de cendre de Napoléon III en France. « J’aimerais que ce soit Emmanuel Macron qui soit le maître d’oeuvre dans cette opération », termine-t-il. En 2023 pour le 150e anniversaire de la mort de l’empereur peut être.