le direct Musique sacrée

Arielle Dombasle : « l’un des grands péchés du monde actuel est de ne pas tenir compte de l’invisible »

Entre une tournée avec Les Pariennes et deux festivals, Arielle Dombasle a accepté de répondre aux questions de Louis Daufresne. Elle se livre sur son enfance, sa foi catholique et le dernier numéro de « Jésus » dont elle est la rédactrice en chef.

couverture-deuxieme-numero-magazine-Jesus_0_729_547

« Les gens ont de moi l’image de l’actrice, de la chanteurse, de la femme provoquante même qui se produit sur les écrans et sur scène et qui n’a peur de rien… Là, il s’agit de la vie invisible, de la vie intérieure ».

Dans le dernier numéro de « Jésus », Arielle Dombasle prend la plume d’éditorialiste : « je suis fondamentalement catholique, c’est probablement la plus grande force en moi ».

« Jésus, un grand révolutionnaire, un coeur battant extrêmement présent dans la modernité »

Sa participation au Mooc, « c’est une réflexion sur la place de Jésus dans notre coeur et notre expérience. Notre pensée est articulée autour du judéo-christinaisme, des écrits de la Bible, notre pensée est infusée de cela », explique Arielle Dombasle, « cela a structuré notre notion du bien et du mal, nous suivons ces lois qui ont 2000 ans ».

Pour la chanteuse de cantiques, « Jésus est une figure qui a pensé que l’espèce humaine n’était pas une espèce ratée et que nous pouvions nous aimer les autres. Toute la très grande civilisation du monde est passé par lui ». Elle ajoute : « foi, espérance et charité sont des grands principes qui font la beauté du monde ».

Arielle Dombasle 1

« J’ai toujours cette intelligence du coeur »

Sa foi ? Arielle Dombasle dit en parler peu. « J’agis, j’ai toujours cette intelligence du coeur ». Car s’il n’en a pas le monopole, reconnaît-elle, « le catholicisme s’est adressé avant tout au coeur ». Pour la comédienne, rien de plus beau que « l’art qui se fait au nom de la transcendance ». La chanteuse ne le cache d’ailleurs pas : « ce que j’ai entendu de plus beau, c’est la musique sacrée ». « Je pense que l’un des grands péchés du monde actuel, c’est de ne pas tenir compte de l’invisible », explique Arielle Dombasle. Une foi qu’elle pratique à sa manière, souvent en entrant dans une église vide : « je me sens vraiment chez moi, c’est du domaine de l’immanent, de l’inexplicable ». Sa prière préférée ? « Le soliloque que j’ai, seule face à mes passions, je m’adresse à Dieu et je m’adresse au silence, je m’adresse à Celui qui ne répond pas. C’est cette position de recueillement que je trouve la plus belle ».

L’Autre, celui qui nous révèle

Evoquant sa naissance aux Etats-Unis, son enfance mexicaine et sa vie française, Arielle Dombasle rappelle aussi qu’elle est issue de trois cultures. « J’ai toujours eu cette idée que l’autre est un étranger et que cet étranger face à vous est à découvrir. Il n’y a rien de plus étonnant que l’altérité, que des être qui sont différents. On essaie de trouver notre humanité commune, c’est à chaque fois une aventure particulière », ajoute-t-elle, « je pense que l’on est un carrefour de forces qui sont révélées par les rencontres que l’on fait ». A ses yeux, il faut donc au quotidien être attentif à ce qu’il y a autour de nous. « Aider, faire des petits gestes envers les gens qui sont votre proximité ».

« L’Europe, je n’aimerais pas qu’elle meurt »

Interrogée sur l’actualité, Arielle Dombasle évoque le scandale de la pédophilie dans l’Eglise. « Est-ce qu’il y a eu ou non des prêtres qui ont abusé de certains de leurs paroissiens ? Il y a une manière de détuire cette merveilleuse religion judéo-chrétienne, en réduisant tout à cette interrogation-là.  Ce n’est pas possible de réduire l’Eglise catholique aux affaires de pédophilie ».

Sur les questions de PMA et de GPA : « l’Eglise doit vivre avec son temps », souligne Arielle Dombasle, « mais il faut tout de même rapperer ce que sont ses grandes forces, foi, espérance et charité. le monde est meilleur quand on commence par être charitable avec l’autre ». Pour la comédienne, c’est toute la société et pas l’Eglise ou les prêtres seuls qui doivent débattre sur des questions comme celle de la Gestation Pour Autrui. « C’est vrai que la gestation par ventre interposé pose des questions complexes qui dépassent tout le monde : qu’est-ce qu’est une femme, n’est-ce qu’un ventre ? C’est le monde entier qui doit débattre là-dessus ».

Quant aux nouvelles technologies et aux réseaux sociaux, Arielle Dombasle dit avoir fini par céder. Elle est très présnete notammment sur Instagram. « Ce sont des instruments fabuleux mais qui peuvent aussi être diaboliques. Être armés par les paroles du Christ peut nous permettre de faire face à cela ».

Sur la colonne de migrants du Honduras qui traversent le Mexique vers les Etats-Unis : « j’aimerais tous les prendre dans mes bras et les embrasser, leur dire, ‘mon Dieu, vous allez traverser les enfers pour survivre’… Je vois cela d’une manière sensible, cele me donne envie de pleurer ».

Quant à l’Europe. « Ce qui m’attire chez elle, c’est la civilisation », répond Arielle Dombasle, « je n’aimerais pas qu’elle meurt… Je serai désolée qu’elle soit envahie pas le mercantalisme et qu’elle disparaisse, qu’elle se mette au diapason d’une pensée mondiale molle et d’une esthétique de sirop qui se déverse sur le monde ».

>> A LIRE : Quand le père Nicolas Buttet rencontre Arielle Dombasle