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Sanjay Subrahmanyam : une approche globale de l’histoire

Hugo Billard accueille l’historien indien Sanjay Subrahmanyam. Il présente une approche différente de la recherche historique : l’histoire globale ou l’histoire connectée. Depuis 5 ans, il tient la chaire d’histoire globale de la première modernité du Collège de France.

Pour comprendre l’histoire connectée ou l’histoire globale, il faut se pencher sur ce qu’elle veut faire. Elle entend étudier l’histoire non sous un prisme géographique réduit à une région ou un Etat-Nation mais celui de la globalité, des liens et interconnexions entre les espaces géographiques. « La manière la plus classique de faire de l’histoire globale, c’est l’histoire comparée », explique Sanjay Subrahmanyam. Cette manière de faire remonte au XIXe siècle avec Hegel ou Weber par exemple. Ce qui a beaucoup été étudié, c’est une comparaison de schémas de réussite, ou d’absence de réussite, entre deux pays. « Ce que j’ai proposé, c’est de faire de l’histoire connectée entre les régions différentes au lieu de faire des comparaisons un peu mécaniques», poursuit l’historien. Au lieu d’opposer, il faut retrouver les liens dont on ne se souvient plus. Par exemple, entre la partie ibérique et le Maghreb, les liens ont été très forts, ce qui n’est plus vraiment étudié aujourd’hui. Cette vision permet un autre type d’articulation du monde, avec des conflits mais aussi de la coopération.

L’exemple de l’arrivée de Vasco de Gama en Indonésie

Comme exemple, Sanjay Subrahmanyam évoque l’arrivée de Vasco de Gama en Indonésie. Si, en Europe, il est perçu comme le grand découvreur du monde, le navigateur, la vision indonésienne est totalement différente. Il faut donc remettre en cause l’histoire nationale. Il est passé presque inaperçu parce que l’Indonésie était déjà un carrefour commerciale pour beaucoup de peuples d’Asie. Une ambassade de plus n’a pas n’a pas changé le cours de la vie des Indonésiens. Il reste qu’il est « assez inégal » de connaître l’accueil des indiens. « On a des sources dans certaines régions, pour le XVIe siècle, on a quelques sources en arabe venant de l’Inde. Puis, avec la montée des Moghols dans la deuxième moitié du XVIe siècle, on a aussi des sources en persan. On a quelques sources dans les langues régionales indiennes », indique-t-il. Il est donc compliqué d’avoir un tableau complet de l’accueil des européens en dans l’Océan Indien.

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