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Yves Lacoste : itinéraire d’un géopolitologue

Hugo Billard reçoit Yves Lacoste, le père de la géopolitique française et auteur du livre éponyme « Yves Lacoste, Aventures d’un géographe » aux Editions des Equateurs, (2018).


« Mes rapports avec mon père étaient extrêmement importants », raconte Yves Lacoste. Géologue pour la société chérifienne des pétroles, il l’a éduqué à la géographie physique pendant les vacances qu’ils passaient dans les Alpes. Avec la radio, ils ont aussi entendu la marche à la Seconde Guerre Mondiale. « Je crois que ça a été une initiation à ce qu’on appellera la géopolitique », révèle-t-il. Et ce, avant que la matière prenne ce nom. Il se pose dès lors beaucoup de question sur ce que sera la guerre, lui qui avait 10 ans pendant le conflit. C’est pendant la guerre qu’il rencontrera Pierre George, un démographe et géographe français. Cette amitié continuera toute sa vie.

Une vie d’aventure

Après son agrégation, Yves Lacoste part enseigner en Algérie au lycée Bugeaud à Alger. Après un article dans un journal communiste, il est viré de son poste. « Je l’étais vaguement », reconnait-t-il aujourd’hui. « On quitte Alger de justesse », continue-t-il. A l’été 55 c’est le début des attentats du FLN pour faire rater les négociations engagées par Pierre Mendès-France. De retour en France, il enseigne aussi bien à l’école des Roches, établissement privé sous contrat, qu’au centre universitaire de Vincennes, créé en automne 68 pour prendre la mesure des événements de mai passé. Pendant la guerre du Vietnam, suite à un article dans Le Monde, il est invité par le nord Vietnam a venir constater et expliquer les bombardements américains. Son enquête aura un retentissement international et entraînera l’arrêt des bombardements.

1976, une date importante

C’est en 1976 qu’Yves Lacoste crée le journal Hérodote. Le but ? Etre une revue uniquement axée sur la géopolitique et non les relations internationales. C’est aussi pendant cette année qu’il écrira une de ses phrases les plus célèbres : « la géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre », un titre choc fait exprès. Il donne ensuite une définition de sa matière : « la géopolitique c’est tout ce qui relève de la rivalité de pouvoir pour un territoire ». Ce territoire peut aussi bien être celui d’un quartier, très locale, comme à l’échelle de la planète.

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