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L’importance du territoire en Israël

Planisphère – La chercheuse Julia Fuentes-Carrera, est co-auteur avec Philippe Subra de « Israël. L’obsession du territoire » (Armand Colin, 2018). Ils s’interrogent sur le lien entre l’aménagement du territoire d’Israël et les visées géopolitiques régionales de colonisation.

Le but de Julia Fuentes-Carrera est de montrer les logiques internes à Israël. Elle veut tenter de souligner comment les logiques d’aménagement du territoire sont liées à la question politique d’Israël. C’est lors d’un voyage là-bas, pour une thèse de sociologie, que ces interrogations l’ont frappée. Elle voyait des infrastructures sans personne, alors qu’au Mexique, c’est plutôt d’abord les populations qui s’installent et ensuite les infrastructures qui arrivent. « On peut dire que les bâtiments là-bas sont aussi une manière de s’approprier du territoire et de mettre un drapeau, même s’il n’y a pas de population », explique la chercheuse.

Les trois phases de l’aménagement

Julia Fuentes-Carrera distingue trois phases dans l’aménagement du territoire et ainsi sa prise de possession. La première période est au début du XXe siècle avec la naissance du projet sioniste et de création d’un Etat juif. « Au début XXe, il y avait une population juive pas très importante, complètement religieuse, orthodoxe, qui n’avait aucune prétention aux revendications politiques sur le territoire et même ils étaient contre le projet sioniste », raconte-t-elle. Le projet vient d’Europe, avec notamment le fonds national juif qui récolte de l’argent pour acheter des terres. C’est l’ère des premiers kibboutz. En 1922, ils cartographient la Palestine et tracent des axes sur lesquels ils s’implantent. En 1936, le mandat britannique sur la Palestine retire la gestion des terres et de l’immigration aux sionistes et des troubles entre sionistes, arabes et britanniques commencent. Les nouvelles constructions se font autour d’une tour. « Ce qui est intéressant, c’est qu’ils ont conquis le territoire par le regard », analyse Julia Fuentes-Carrera. En surveillant, une revendication sur le territoire est posée. La deuxième phase court de l’indépendance aux années 60 avec une nouvelle expansion. La dernière est celle qui a pris la suite. Le livre retrace toutes ces périodes et explique de manière neutre les enjeux d’aménagement du territoire.

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