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Les vérités  2018 – Brexit : peut-il être différé ? Le cas de l’Irlande en première ligne

Theresa May va-t-elle rejeter l’offre européenne visant à résoudre la question de la frontière irlandaise, estimant que cette proposition continue d’enfreindre les lignes rouges qu’elle s’est fixée sur le Brexit, rapporte  le quotidien The Times.

La première ministre britannique signifiera que son propre plan de sortie est justement conçu pour répondre à ce problème.                                                La livre sterling a cédé du terrain contre le dollar. Michel Barnier, négociateur en chef de l’UE, a déclaré que l’UE était prête à mettre sur la table une nouvelle proposition de clause de sauvegarde permettant d’éviter le rétablissement d’une frontière entre Irlande et Irlande du Nord en cas d’absence d’accord commercial entre Londres et Bruxelles.

L’UE ne proposerait plus de contrôles douaniers en mer d’Irlande – ce qui constituerait de facto une frontière entre Grande-Bretagne et Irlande du Nord – et s’engagerait à respecter « l’intégrité territoriale du Royaume-Uni ».

Selon un haut responsable britannique cité par le Times, Michel Barnier n’a cependant pas renoncé à exiger que l’Irlande du Nord soit traité comme un territoire douanier séparé du reste du Royaume-Uni.

Quant au ministre des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, il a déclaré que la signature d’un accord sur le Brexit était essentiel pour préserver la sécurité en Europe.   Un tel accord est « essentiel pour notre sécurité parce que nos relations économiques sont au cœur de tous nos partenariats, dont les alliances, vitales, pour la sécurité que nous avons avec nos amis en Europe ».

Pour les entreprises qui travaillent avec le Royaume-Uni, l’horizon peut s’éclaircir sur le calendrier. Le Royaume-Uni quitterait bien l’Union européenne (UE) le 29 mars 2019 à minuit, comme prévu, mais une période de transition, jusqu’à fin 2020, offrirait aux entreprises un répit pour s’adapter.

Quant au contenu des relations futures, il reste à négocier. Pour les entreprises, c’est toujours le brouillard concernant plusieurs questions essentielles : les droits de douane, les contrôles aux frontières, le régime des services (notamment financiers), les normes et réglementations (propriété intellectuelle, autorisations de mises sur le marché pour les produits pharmaceutiques, etc.), l’accès aux financements européens (régions, R&D, innovation, etc.), la protection et les échanges de données, la mobilité des personnes, etc.                                                                                                                Les négociations sont d’une complexité sans précédent comme le rappelle le Medef dans son Guide du Brexit pour les entreprises françaises.

Certes, la période de transition offrirait un répit bienvenu mais le temps presse. Il est indispensable d’ores et déjà de se préparer, c’est à dire d’identifier les impacts et de définir les réponses adéquates.

Les droits de douane : se préparer au pire scénario. La première recommandation est d’identifier les flux d’exportation et d’importation.. Comme il y a une forte chance que les droits de douane seront réinstaurés, mieux vaut identifier quels sont les produits concernés, tant à l’export qu’à l’import, et les codes douaniers correspondants.

Et dans le contexte actuel, il faut envisager le scénario du « Hard Brexit ». 
Dans ce cas, les règles de l’OMC s’appliqueraient : les marchandises en provenance du Royaume-Uni seraient taxées en fonction du Tarif douanier commun (TDC) de l’Union européenne.

Outre l’application de droits de douane, il faut s’attendre au rétablissement des postes douaniers, à la mise en place de contrôles, avec le risque d’engorgement et de queues de camions à la frontière.

A Londres, beaucoup d’entreprises ont pris les devants. Les grands acteurs de la distribution (Tesco, etc.) ont commencé à envoyer des courriers à leurs fournisseurs leurs demandant comment ils allaient s’adapter au Brexit.

Prolonger d’un an la période de transition avant la sortie du Royaume-Uni de l’UE permet aussi de résoudre la difficile et épineuse question de la frontière entre l’Irlande européenne et l’Irlande du Nord anglaise.