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Les dessous sales de la technologie verte

Guillaume Pitron, journaliste en presse écrite et télévision, livre une enquête saisissante sur l’importance des métaux rares et les conséquences environnementales dans son livre « La guerre des métaux rares » (Les liens qui libèrent).

Les métaux rares sont des éléments chimiques présents dans le sol mais en quantité infinitésimal. Pourtant, leurs propriétés électromagnétiques et chimiques en font des éléments très recherchés dans les industries des nouvelles technologies numériques et vertes. Guillaume Pitron donne deux exemples : le néodyme qui permet le vibreur dans le téléphone portable et l’indium qui permet d’avoir des écrans tactiles. Ces métaux sont rares pour, là encore, deux raisons. « C’est une rareté qui peut être géologique ou industrielle », affirme le journaliste. D’une part, leur faible présence dans le sol rend l’exploitation difficile. D’autre part, les infrastructures industrielles pour la transformation sont phénoménales. Par exemple, pour un kilo de lutécium, il faut 1200 tonnes de roche. Pour Guillaume Pitron, les métaux rares ne le sont pas non plus car : « on pourrait ouvrir des mines partout ».

Une pollution délocalisée

S’il n’existe pas de mine partout dans le monde, c’est que l’extraction des métaux rares est polluante et ne convient pas à toutes les normes. Cette pollution a été délocalisée par les Etats occidentaux en Asie et en Afrique. La Chine détient 40% des ressources et 80% de la production. « Nous pourrions, en Europe, extraire ces métaux et terres rares mais c’est la Chine qui le fait, car elle a pris le leadership dès les années 80 », explique le journaliste. En plus du problème écologique se pose un problème géopolitique d’accès à une ressource. « La transition écologique a été présentée comme un moindre impact de l’homme sur l’environnement, et donc une géopolitique plus apaisée que celle du pétrole. Mais c’est tout l’inverse qui se produit. Nous multiplions les fonds miniers », ajoute-t-il.

Edition : Les Liens qui Libèrent, 20€.
Edition : Les Liens qui Libèrent, 20€.