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Egon Schiele et Jean-Michel Basquiat à la Fondation Louis Vuitton

Egon Schiele (1890-1918) et Jean-Michel Basquiat (1960-1988) ne se sont jamais croisés, et rien n’indique que Basquiat ait regardé l’œuvre de Schiele. Pourtant, la Fondation Louis Vuitton trouve leurs itinéraires assez proches pour les exposer en même temps et au même endroit au Bois de Boulogne.


C’est pertinent. Il s’agit bien de deux expositions distinctes, extrêmement riches, qu’il faut aller voir, tant les deux artistes, qu’on les aime ou que l’on ne les aime pas, sont puissants et s’inscrivent dans leurs époques. Chacun créa en son temps une œuvre très novatrice, subversive, dont l’origine fut de profondes souffrances personnelles (la mort du père de Schiele de la syphilis quand il avait 14 ans, un environnement familial très violent pour Basquiat), et prolifique, comme si leur mort à 28 ans leur avait été annoncée d’avance. Schiele est un dessinateur hors pair, de nus contorsionnés à l’érotisme cru, qui choquèrent la bonne société viennoise du début du siècle, et encore aujourd’hui. Beaucoup d’autoportraits montrent l’artiste sous son plus mauvais jour, ou paré de symboles christiques. Basquiat a aussi une très haute idée de sa mission, veut être le premier artiste noir célèbre et fit tout pour atteindre ce but, jusqu’à faire des œuvres à quatre mains avec Andy Warhol. Schiele connut à la fin de sa vie un certain succès, avant de mourir de l’épidémie de la grippe espagnole. Basquiat fut engouffré dans la spirale d’un marché de l’art contemporain en plein boom, qui lui apporta gloire et fortune, mais où il se brûla les ailes en mourant d’une overdose. Les expositions de la Fondation Louis Vuitton rendent bien compte de ces deux destins brefs, prolongés par des œuvres où vie et mort se livrent à une course sans fin.

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