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L’ultranationalisme agressif progresse en Chine et en Inde

Dans 18 jours, nous fêterons le 70 ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et pourtant la liberté religieuse telle qu’elle est décrite dans l’article 18 n’est toujours pas un droit partout selon le rapport de l’Aide à l’Eglise en Détresse (AED) rédigé par 21 journalistes, universitaires et acteurs indépendants.

Un rapport, comme le souligne, Marc Fromager, directeur de L’AED, « qui ne traite pas uniquement des persécutions contre les chrétiens, même si les 5000 projets, que l’AED développe, sont pour les chrétiens. » Cette année encore, les violations importantes de la liberté religieuse existent toujours dans 38 des 196 pays étudiés de juin 2016 à juin 2018. « 500 000 millions de chrétiens vivent dans un pays où les libertés religieuses ne sont pas respectées. Il y a une banalisation de ces atteintes, une barrière d’indifférence » , poursuit Marc Fromager.

C’est la montée de l’ultranationalisme agressif qui est pointée cette année, « en Chine par exemple, se sont les acteurs étatiques qui organisent les menaces alors qu’en Inde, les acteurs étatiques les encouragent. Bien que l’Inde n’ait pas de religion d’État, on compte 72,4 % d’hindouistes, 14,4 % de musulmans et 4,7% de chrétiens et surtout une loi anti-conversion. « Aujourd’hui, sur les 29 Etats (et sept territoires) de l’Union Indienne, 6 ont adopté cette loi » relève le rapport, « le fait que les hindous soient tombés en dessous des 80% a fait l’objet de beaucoup de débats et de commentaires. Les mouvements nationalistes hindous de droite ont vu ce pourcentage comme une justification de leur lutte pour le caractère hindou de la nation indienne. »

En rouge, les persécutions. En orange, les discriminations.

En Chine, la situation est différente,  certes « l’Etat protège les activités religieuses ordinaires  et interdit, l’utilisation de la religion pour des activités qui troublent l’ordre public, nuisent à la santé des citoyens ou interfèrent avec le système éducatif de l’Etat », pourtant il existe en Chine une Eglise souterraine, reconnue par le Saint-Père, et une « association catholique patriotique chinoise reconnue par l’Etat ». Le rapport rappelle d’ailleurs qu’en Avril 2016, le président chinois Xi Jinping, lors d’une allocution aux hauts fonctionnaires du Parti communiste, déclarait:« les groupes religieux (…) doivent adhérer à la direction du parti communiste », rajoutant que les membres du parti devaient être des « athées marxistes inflexibles » qui « se protègent résolument des infiltrations d’origine étrangère utilisant des moyens religieux ». Par ailleurs, depuis Avril 2018 la Bible est interdite à la vente en ligne en Chine et de nombreuses croix sont retirées des églises quand ses dernières ne sont pas détruites. De nombreux chrétiens continuent à être emprisonnés. Les musulmans ouïghours ne sont pas épargnés, près de 100 000 se trouveraient dans des camps de « rééducation ».

L’autre point apporté par le rapport, c’est le développement de l’islam radical, « un développement que l’on sous évalue » souligne le directeur de l’AED. « Le succès des campagnes militaire contre l’Etat Islamique a dissimulé la propagation dans certaines régions de mouvements islamistes militants (ex : Egypte, Nigeria). De longues traditions de pluralisme et d’harmonie religieuse ont ainsi pu être remises en cause (ex : Indonésie). En Occident, les attaques extrémistes motivées notamment par la haine religieuse connaissent une recrudescence préoccupante. A ce titre, cette menace peut être qualifiée de terrorisme de voisinage. »

L’AED appelle, à la fin de son rapport, les pouvoirs publics à respecter les droits des communautés religieuses, à n’y apporter que des limites indispensables, réellement justifiées et proportionnées ; les responsables religieux à reconnaître la liberté de l’« homo religiosus » et à faire preuve d’une ouverture au dialogue, et les communautés religieuses et les familles à transmettre aux jeunes générations, dès leur plus jeune âge, le souci du respect réciproque.

Pour sensibiliser le grand public à la question des atteintes à la liberté religieuse,  l’AED  a lancé une campagne d’illumination en rouge, couleur du martyre. Plusieurs lieux de culte parisiens ont donc accepté de se parer de rouge:  la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, la Grande synagogue, la cathédrale orthodoxe de la Sainte-Trinité et la Grande mosquée.

>> Philippe Delaroche recevait Moussa Diabate et Marc Fromager, président de l’AED ce jeudi 22 novembre

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