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Saint Stanislas, vainqueur sous le glaive et patron de la Pologne

Saint Stanislas, saint patron de la Pologne. Martyr qui marque encore aujourd’hui l’esprit des habitants de Cracovie. Longtemps oublié, ses reliques attirent de nombreux pèlerins.

Boleslas II
Boleslas II

« Sois et glorifie Dieu » s’exclama son père à sa naissance le 26 juillet 1030, d’où l’origine de son nom. Celui qui le porta devait glorifier Dieu par toute sa vie. Il existe de multiples légendes sur saint Stanislas, sa biographie n’a été écrite que bien des années après sa mort. Néanmoins les quelques écrits qui sont arrivés jusqu’à nous content l’histoire d’un homme pieux. Né à Szczepanow dans le sud de la Pologne, d’un couple noble et croyant, le jeune Stanislas fait ses études à Cracovie et à Gniezno puis il part durant sept années chez les bénédictins de Saint-Germain-des-Prés à Paris. Il noue ainsi des liens particuliers entre l’Église de Pologne et l’Église de France. C’est à Paris qu’il découvre la réforme de Cluny qui germait à peine. De retour en Pologne, il devient chanoine et surtout prédicateur infatigable de cette réforme.

Apprécié du peuple, le clergé le désigne pour succéder à l’évêque défunt.  A 36 ans, il devient alors évêque de Cracovie, un choix que le roi Boleslas II le Généreux (à l’époque, NDLR) accepte. Stanislas aime ses prêtres et, chaque année, il tient à rendre visite à chacun d’eux. Désormais conseiller du roi, il exerce une influence positive sur la Pologne. Rétablissant l’archevêché de Gniezno, il fait venir les bénédictins en Pologne pour poursuivre l’évangélisation d’une Pologne catholique depuis cent ans tout juste. Soucieux de la foi de l’Église de Pologne, il n’hésite pas à rappeler à l’ordre le roi Boleslas devenu le Cruel, débauché sans vergogne. L’évêque l’excommunie et lui interdit l’entrée dans les églises tant qu’il ne se sera pas repenti. Certains historiens disent que cela lui vaudra le martyr. Alors que l’évêque Stanislas achète des terres, le roi l’accuse de fraudes (pour se venger) car l’évêque n’a pas d’acte de propriété, et l’ancien propriétaire est mort. La légende veut que Stanislas soit allé réveiller le mort, le temps de le faire témoigner avant de le ramener à son cercueil, ce qui ne le sauvera pas.  Le roi en personne l’égorge, en 1079, au pied de l’autel, dans l’église de Na Skalce (le petit rocher) alors qu’il célébrait la messe. « Vainqueur sous le glaive », sa devise, ainsi glorifie-t-il Dieu une dernière fois. Le roi fut chassé de son royaume peu de temps après et s’enfuit en Hongrie.

 Canonisé en 1253, il est depuis le saint patron de la Pologne. Oublié pendant presque 200 ans, c’est la duchesse de Cracovie, Kinga qui a débuté les premières démarches de sa canonisation. Devenu l’Autel de la Patrie, son tombeau est désormais au centre de la cathédrale de Wawel à Cracovie. C’est d’ailleurs sur cet autel que pendant des siècles, les rois polonais venaient se recueillir pour demander pardon à Dieu pour les fautes du roi Boleslas, ils déposaient aussi les bannières prises aux ennemis pendant les guerres.

Le cardinal Adam Stefan Sapieha (qui a ordonné St Jean Paul II prêtre) a relancé les processions et les dévotions des reliques de Saint Stanislas chaque dimanche suivant le 11 avril. Une dernière légende, connue par tous les Polonais, raconte que le corps de Saint Stanislas fut coupé en plusieurs morceaux. Pour éviter d’être dévoré par les animaux, quatre aigles seraient venus protéger son corps qui se serait alors réunifié. Les polonais voient là-dedans le signe de la réunification de la Pologne. Son tombeau est toujours visible dans la cathédrale.