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Paroisse : une famille qui a besoin de notre engagement

Federico Defendenti est italien. Arrivé en France il y a six ans pour poursuivre ses études, il s’est engagé au sein de l’équipe pastorale de Saint-Eustache à Paris. Ce n’est pas sa « paroisse de quartier », mais un jour il y est entré (par hasard ?) et a été saisi par la beauté du lieu.

A la fin des années 80, la France compte 38000 paroisses. Aujourd’hui, le redéploiement pastoral des 15000 paroisses constitue une priorité pour les évêques français, donnant ainsi tort à ceux qui ont parié sur « la fin de la civilisation paroissiale ».

« On cherche un chez-soi dans la foi »

Pour Federico, s’implanter dans une paroisse permet de s’y intégrer vraiment, de « faire partie de l’assemblée liturgique et communautaire ». En milieu urbain, et surtout dans une capitale comme Paris, l’attention à l’autre n’est pas de l’ordre de l’évidence. Aujourd’hui, la fidélité à Saint-Eustache lui permet de dire qu’il y a trouvé « une nouvelle famille, mais aussi des points de repère même au-delà de la foi ». Ainsi Federico fait sienne une phrase du Cardinal Martini, archevêque émérite de Milan, « la paroisse est un lieu où l’on peut s’autoriser à être soi-même ».

Une église « en sortie »

Le pape François invite régulièrement les catholiques à s’engager. « La logique de guichet doit céder la place à une logique d’engagement, dans laquelle chaque fidèle trouve peu à peu sa place ». Même si l’Eucharistie est le centre de tout, la dimension collective est fondamentale dans la tradition chrétienne. Pour Federico, il faut « trouver une unité dans sa vie de foi, sinon on papillonne ». Par rapport à l’engagement, il recommande de « s’impliquer dans son domaine de prédilection » pour être capable de proposer des compétences, mais également de « suivre ce que nous dicte notre cœur ».

S’engager, mais dans quelle mesure ?

Pour Pierre, étudiant ayant quitté le foyer familial, il n’est pas indispensable de s’engager dans sa paroisse pour vivre sa foi. Néanmoins, « la fraternité doit être à la base de la vie d’une paroisse ». Les invités mettent également l’accent sur la nécessité de discernement. « Ne pas blâmer ceux qui n’ont pas le temps de s’engager »… Qui sait s’ils n’ont pas d’autres engagements à honorer pour venir en aide à leur entourage ? De même, il semble raisonnable de « ne pas trop prendre d’engagements, au risque de freiner le processus et, finalement, de mal faire ». Au fond, « dès que l’on se sent indispensable, il est peut-être temps de partir » selon Federico qui voit l’engagement paroissial avant tout comme « un service » au service de ses frères et sœurs.