le direct Musique sacrée

Paix en orient : l’Egypte et la communauté copte attendaient le pape François

Venu en France pour célébrer la messe annuelle de l’Œuvre d’Orient, Sa Béatitude Ibrahim Sedrak, patriarche des coptes catholiques, revient sur la visite du pape François en Egypte et le travail pastoral dans son pays. Reportage d’Hélène de Vulpian.

SB Ibrahim Sedrak a donné une conférence de presse à l’Œuvre d’Orient.

Des gestes forts et des paroles engagées pour la paix, c’est ce que le monde retient de la visite du pape François en Egypte, fin avril. « C’est un voyage d’unité et de fraternité » avait annoncé François, un déplacement répondant à l’invitation du président Al-Sissi, du patriarche Sedrak et du cheikh Al-Tayeb.

Sur place, le Souverain Pontife a voulu se faire proche de la communauté copte, blessée par les récents attentats du dimanche des Rameaux, mais également rencontrer les autorités politiques et religieuses. Présent à la conférence internationale sur la paix qui se tenait à l’université Al-Azhar au Caire, le pape François a eu l’initiative d’une accolade avec le cheikh Al-Tayeb, un geste inédit démontrant une volonté réelle de dialogue interreligieux. « Aucun extrémisme n’est permis, excepté l’extrémisme de l’Amour » dit-il, le monde est en proie à « la famine de l’Amour ».

Cette visite du pape a été très bien accueillie par la population égyptienne, dont 90% est musulmane. Le patriarche Sedrak exhorte à « relire et méditer » les discours importants du pape, afin de dépasser « les peurs, les méfiances et les divisions internes ».

Les coptes catholiques sont une petite communauté, 300 000 dans le monde. Néanmoins, leur présence est respectée en Egypte, car ils œuvrent beaucoup dans la lutte contre la pauvreté, ainsi que dans les domaines de l’éducation et de la santé.

Pragmatique, le patriarche Sedrak affirme : « il y a beaucoup de choses qui se disent, mais peu de choses qui se réalisent », c’est pourquoi il insiste sur la nécessité de poursuivre les actions au quotidien et dans la discrétion. Servir, sans être taxé de prosélytisme.

Après les attentats, le patriarche Sedrak nous confie combien « il était difficile de parler aux gens », il voulait surtout être là pour vivre avec eux. Cependant, il endosse son rôle de pasteur et invite à « ne pas perdre espoir, ne pas laisser la vengeance dominer et à vivre au plus près de l’Evangile ».

Sur le plan pastoral, il remarque que « malgré les attaques, les églises sont archi pleines » et confirme « les attaques sont partout, mais lorsque cela se passe en Egypte, on ne parle plus que de ça ». Conséquence, le tourisme chute, or il s’agit d’une ressource essentielle pour le pays. Sans nier la souffrance, le patriarche invite à poser un « regard positif » sur le pays. « Venez et voyez », c’est son message à la France et aux chrétiens d’occident, « restons unis dans la culture, la foi et la prière ».

Pope Francis (R) and Sheikh Ahmed al-Tayeb, the Grand Imam of Al-Azhar, embrace during a visit of the Pope to the prestigious Sunni institution in Cairo on April 28, 2017. Pope Francis began a visit to Egypt to promote "unity and fraternity" among Muslims and the embattled Christian minority that has suffered a series of jihadist attacks. / AFP PHOTO / Andreas SOLARO
Pope Francis (R) and Sheikh Ahmed al-Tayeb, the Grand Imam of Al-Azhar, embrace during a visit of the Pope to the prestigious Sunni institution in Cairo on April 28, 2017.
AFP PHOTO / Andreas SOLARO

>> Retrouvez l’interview de Mgr Sedrak dans Un Jour, Un évêque

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *