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François, bon samaritain : la force de l’exemple

Journaliste suisse, Arnaud Bédat est l’auteur de l’ouvrage « François seul contre tous » (Flammarion). Quatre ans après son élection le 13 mars 2013, la figure de François jouit d’une popularité exceptionnelle, mais est également très controversée. De fait, ce pape bouscule et dérange l’ordre établi.

Arnaud BédatSa cible : les périphéries

Une chose est claire, François veut être un pasteur pour tous. « Le pape François a toujours un ou deux coups d’avance, j’admire sa capacité à essayer de sortir l’Eglise de siècles de pesanteur, en l’ouvrant au monde », nous dit Arnaud Bédat qui a la chance de suivre régulièrement les voyages pontificaux. Ce pape veut aller au-delà du champ de la catholicité, quitte à déstabiliser, voire désarçonner, les catholiques pratiquants.

François est résolument un homme des pays pauvres et c’est avec ce regard qu’il appréhende les situations sociales, politiques, internationales. Partisan du dialogue, le pape François crée du lien, comme entre les Etats-Unis et Cuba ou encore lors de son voyage en Suède à l’occasion de l’anniversaire de la Réforme luthérienne.

Son entourage : soutiens et oppositions dans la Curie

Si le pape François est largement soutenu hors de l’Eglise, la contestation qu’il connaît vient de l’interne. Dès le début de son pontificat, François donne le ton en préférant la convivialité de Sainte Marthe au luxe des appartements pontificaux. Le cardinal argentin n’est pas un familier des techniques de communication, mais il sort de sa discrétion en osant prendre position.

Selon Arnaud Bédat, François se montre tel qu’il est, le jésuite veut s’inscrire dans une cohérence d’être et d’agir. Le fait de « faire passer la vie réelle avant la doctrine » chamboule. En février dernier, la crise des affiches « Mais où est ta miséricorde ? » – une attaque visuelle anonyme dans les rues de Rome – signe l’incompréhension dont il fait l’objet.

Un homme qui interroge par l’exemple

François est devenu un référent pour beaucoup, au niveau global, mais aussi au niveau individuel. « Qui n’est pas révolutionnaire n’est pas chrétien » confie Arnaud Bédat. Lui-même agnostique, le journaliste suit le cardinal Bergoglio depuis son élection et se laisse transformer par lui au fil des jours. Le pape est davantage là pour quelqu’un comme lui que pour un catholique convaincu, Arnaud Bédat en est sûr. De même, impossible de prêcher l’accueil sans se mettre lui-même au service, c’est ainsi que François sort du cadre habituel pour rejoindre ceux qui ne tiennent pas la première place.