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Décès de Mgr Olivier de Berranger, évêque émérite de Saint-Denis

Il a rejoint le Ciel dans sa 79ème année. Mgr Olivier de Berranger était venu à plusieurs reprises témoigner de sa mission sur notre antenne.

Mgr Olivier de BerrangerDiscret sur sa personne, mais très présent sur le terrain. Tout commence en 1959, lorsqu’ Olivier de Berranger, quatrième d’une famille de dix enfants, né à Courbevoie en 1938, puis ayant vécu au Chesnay, entre au petit séminaire de Versailles. Puis c’est le Prado à Lyon et le séminaire français à Rome. Il étudie la théologie à l’Université grégorienne. Puis vient l’ordination, le 4 juillet 1964, dans le diocèse de Versailles. Là, le jeune prêtre de 26 ans se frotte au monde ouvrier au sein de la JOC, la Jeunesse Ouvrière Chrétienne. Mais, c’est sans doute son expérience en Corée du Sud qui l’a le plus marqué. Septembre 1976, à la demande expresse du cardinal Kim, le père de Berranger atterrit à Séoul avec une mission : former les prêtres pour évangéliser les milieux populaires. Et toujours une présence active sur le terrain : travail dans diverses paroisses périphériques de Séoul, apprentissage de la langue. Au total, 17 années passées en Corée.

Le 19 octobre 1996, il est nommé évêque de Saint-Denis. La devise qu’il choisit lors de son ordination épiscopale en 1996 ? « Vous n’êtes plus des étrangers, mais des frères ». Le 30 septembre 1997, à Drancy, c’est lui qui lit la Déclaration de repentance des évêques de France sur la shoah.

Saint-Denis, le diocèse « arc-en-ciel »

« L’évêque de tous et pour tous », c’est ainsi que Mgr Olivier de Berranger concevait  sa mission au cœur du diocèse de Saint-Denis. Un diocèse mosaïque, véritable carrefour des nations, un diocèse « polyphonique », « arc-en-ciel », auquel l’évêque était très attaché. « J’ai plaisir à le retrouver après une absence, répétait-t-il, à être au milieu de cette population qui grandit, pleine de santé et de vitalité, sans rien de sophistiqué ». On était bien loin de l’image négative des banlieues.

Mgr de Berranger fut aussi président de la Commission épiscopale pour la mission universelle de l’Eglise et président du Comité épiscopal des relations interreligieuses. Il a souvent réfléchi aux problèmes de société et aux situations les plus concrètes : l’exclusion, le drame des sans-papiers, la réalité familiale, la vie politique… La Sainte Ecriture n’était jamais loin pour ce théologien qui se disait très attaché aux figures d’Edith Stein et du père de Lubac. Mgr Olivier de Berranger aimait rappeler la signification du mot évêque : être un veilleur et un éveilleur.

Après treize années passées à sa tête, il a quitté le diocèse de Saint-Denis pour devenir membre de la Société des prêtres du Prado et rejoindre Versailles, son diocèse d’origine. A la Maison Saint-Jean Baptiste, il s’est consacré à la formation spirituelle et au discernement de jeunes adultes. Il y reste néanmoins peu de temps, frappé par la maladie. Il est enfin nommé aumônier de la maison St Louis de Versailles.

Les obsèques de Mgr Olivier de Berranger seront célébrées lundi 29 mai, à 14h30 à la basilique cathédrale de Saint-Denis, où il sera inhumé dans le caveau des évêques.