le direct Musique sacrée

« Les avocats ne sont pas des marchands de droit ! »

Un métier bourré d’humanité, au service de la liberté… Est-ce l’image que vous avez des avocats ? A l’occasion de l’opération « L’avocat dans la Cité » à Paris, Dominique Attias, vice-bâtonnière au barreau de Paris et Victoria Davidova, avocate, reviennent sur ce que sont les avocats et les défis auxquels ils sont confrontés, dans En Quête de Sens.


Sur les 64 000 avocats travaillant en France, plus de 40 % sont à Paris. L’avocat est souvent perçu dans l’opinion publique comme synonyme de contentieux, il intervient lorsque de vrais problèmes se posent. Au contraire, Dominique Attias, vice-bâtonnière au barreau de Paris et Victoria Davidova, avocate au barreau de Paris, spécialiste en droit des affaires, cherchent à changer cette image biaisée de l’avocat. L’avocat est avant tout là pour conseiller, aider les autres dans leur vie et leurs entreprises.

 « L’avocat porte des valeurs » 

Pour Dominique Attias, les avocats ont un rôle majeur dans une société démocratique. « Les avocats sont les derniers, avec les journalistes, a pouvoir changer la société ». L’avocat porte des valeurs d’humanité, de liberté. Il est un garant de l’Etat de droit en étant au service de la défense des libertés individuelles. Dans une société où la peur de l’avenir et le sentiment d’insécurité sont croissants, la population accepte plus facilement une restriction de ses libertés afin d’être mieux protéger. Insidieusement nos législations évoluent. Cette tendance est un vrai danger, selon la vice-bâtonnière du barreau de Paris, qui voit la profession d’avocat comme un garde-fou contre des atteintes disproportionnées aux libertés fondamentales.

Une profession en difficulté ?

Les avocats n’exercent plus un métier privilégié. Aujourd’hui un quart des avocats inscrits au barreau de Paris connaissent de grandes difficultés professionnelles. Certains domaines juridiques comme le droit pénal sont assez engorgés, avec un nombre d’avocats trop important par rapport aux besoins réelles. Mais Victoria Davidova insiste sur l’importance d’informer les étudiants en droit des matières où les besoins sont encore grands, comme le droit public. Enfin, le développement des nouvelles technologies et de sites internet présentés comme concurrents à la fonction des avocats est au contraire perçu par nos invités comme une aide et une chance pour la profession. Il devrait permettre aux avocats de se recentrer sur le cœur de leur métier.

« Les avocats ne sont pas des marchands de droit »

La profession est fondée sur une déontologie. Les avocats prêtent un serment d’humanité, centrée sur le désintéressement personnel et le secret professionnel. Le rôle de l’avocat est d’être un médiateur, un pacificateur, dans les relations parfois conflictuelles entre les personnes. Est-ce facile dans le monde des affaires ? Pas toujours assurément, la violence économique est terrible et la concurrence ne partage souvent pas la même éthique. Pour nos invités, il y a beaucoup d’ignorance sur la profession. L’opération « L’Avocat dans la Cité » a pour but non seulement d’améliorer l’accès au droit mais aussi de changer l’image des avocats aux yeux des justiciables. « L’avocat fait peur, mais il doit aller vers les gens. » Quel regard avez vous sur ce métier fascinant ?