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Le Grand Témoin : Frère Humbrecht, « l’humanisme ne suffit pas »

Être chrétien et s’engager en politique : oui mais comment ? Quelle place pour le religieux dans un modèle de société laïque ? Dans Le Grand Témoin, le frère Thierry-Dominique Humbrecht, nous donne quelques pistes.

Frère Humbrecht 18 mai 2015

Pour le frère dominicain Thierry-Dominique Humbrecht, il faut une distinction claire entre la « politique politicienne » et le spirituel. C’est pourquoi, « le rôle du prêtre et du religieux est de garder le recul des choses éternelles ». En revanche, « si vraiment les catholiques veulent faire de la politique, il faut qu’ils en fassent un métier et ça ne relève pas du samedi après-midi paroissial, c’est un investissement qui doit arriver à une certaine qualité de prestation »… Et il faut s’en donner les moyens ! « Face à des lois éthiques et sociétales préparées dans des officines intellectuelles depuis 40 ans, les catholiques sont allés au charbon avec un fusil 1914 et la naïveté du chrétien ! ».

Les catholiques doivent réinvestir le champ de la résistance intellectuelle et donc « se former à leur propre culture ».

Aujourd’hui, le rôle de l’Eglise est de « rappeler la dignité de la personne humaine et d’appeler le pouvoir politique à ne pas déborder sur le religieux ». Selon le dominicain, nous voulons exporter notre modèle occidental, car nous le pensons « universel ». Or, il n’en est rien ! « Les droits de l’Homme sont une idée chrétienne, dégriffée, mais chrétienne » explique-t-il. Ainsi, nous fondons nos raisonnements sur notre héritage culturel, mais de quel droit pouvons-nous imaginer que nos évidences soient « valables pour tous » ?

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Cela posé, le frère Thierry-Dominique Humbrecht affirme néanmoins avec force que « l’humanité a progressé du fait du christianisme, car le Christ nous donne une vision complète, intégrale et purifiée de ce que doit être l’Homme ». Par conséquent, « l’humanisme ne suffit pas, il est le fruit du christianisme et s’il le gomme, il scie la branche sur laquelle il est assis ».

Dans le combat des idées, la question n’est pas de donner ou non des droits, selon le frère Thierry-Dominique Humbrecht, « c’est de savoir si c’est juste, si c’est bien, si c’est vrai », car « la minorité n’aura pas seulement des droits pour elle-même, elle en imposera les conséquences aux autres ».