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Grâce au christianisme, construire une société harmonieuse

Le Grand Témoin de ce 13 novembre est Christiane Rancé, romancière et journaliste.

Lettre-a-un-jeune-chretienLe dernier ouvrage de Christiane Rancé est paru aux éditions Tallandier : Lettre à un jeune chrétien et à ceux qui ignorent qu’ils le sont. Un appel « à goûter à l’insolence du message du Christ », car plus que jamais « les Évangiles sont une parole d’avenir ».

Dans quelques jours, Christiane Rancé recevra le Prix de l’humanisme chrétien pour En pleine lumière, carnets spirituels (éd. Albin Michel).

Après avoir défini l’humanisme chrétien, deux notions longtemps mises en opposition et pourtant étroitement liées, Christiane Rancé explique : « j’ai écrit cette Lettre à un jeune chrétien simplement pour rappeler le fondement de notre société. Pour rappeler ce qui porte le christianisme, au-delà de l’humanisme, à savoir une attention particulière à la personne humaine comme une personne sacrée. Le christianisme, c’est l’injonction de la sacralisation des corps et de la divinité de l’âme. Ce sont ces deux éléments qui sont la plus belle parade au transhumanisme, aux dérives auxquelles on assiste aujourd’hui  et qui sont très mortifères ».

Pour l’auteur, « toute religion est une contrainte contre soi, notamment le christianisme. La morale chrétienne n’est pas une morale facile à appliquer ». Mais on ne peut pas dire « qu’il y ait une contrainte dans la religion chrétienne puisque c’est religion qui est fondée sur l’espérance, fondée sur l’amour de l’autre, et surtout sur l’acceptation de l’autre en tant qu’être humain ». « On va vers l’autre parce qu’il est notre prochain », précise-t-elle, « et on doit l’aimer parce que c’est en passant par l’autre qu’on va à Dieu ».

Christiane Rancé souligne aussi l’importance fondamentale de plusieurs notions dans la religion chrétienne : l’espérance, l’individu, l’incarnation.

Cette dernière notion étant « tout à fait différente dans l’Islam », cela conduit à « des incompatibilités terribles entre ces deux religions ». L’incarnation « est quelque chose de terrible pour les musulmans », précise Christiane Rancé, « qu’ils ne peuvent pas concevoir et qui leur semble à la limite du blasphème, mais qui fonde notre société chrétienne. Toutes les manifestations artistiques dont a accouché cette société sont une manifestation de l’incarnation (..). Il y a aussi cette présence intérieure, cette idée que Dieu est en nous, que nous sommes une part de Dieu. Notre âme est à l’image de Dieu et nous devons incarner des vertus chrétiennes, à  l’imitation de Jésus ».

L’écrivain explique ensuite deux autres différences entre le christianisme et les religions monothéistes : «  le christianisme n’est pas une religion du Livre », ni «  une religion de prescriptions et d’interdits ».

Pour Christiane Rancé, il s’agit maintenant  « de savoir comment on peut instaurer un dialogue entre deux religions », et « de commencer un travail pour savoir ce qui fait le socle d’une religion, ce qui fait le socle d’une autre religion », voir  « sur quels points nous sommes incompatibles et sur quels points nous sommes en accord ». Afin de mieux reconnaître « quelle société a engendré chaque religion, et de quelle façon la culture de chacun peut être assimilée dans la culture de l’autre ».

Contre « la division systématique avec une compétition à la victimisation », qui « donne systématiquement des guerres », l’invitée de Louis Daufresne préconise le « pardon et la réconciliation », deux éléments à « remettre au cœur des réflexions ».

Ecoutez l’émission dans son intégralité :

Commentaires

  1. Merci à Louis Daufresne et à sa remarquable invitée pour la qualité de vos échanges, qui donnent envie de lire le livre.
    Sur la route, je n’avais qu’une crainte, celle de perdre le réseau…

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