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Législatives : « En Marche, c’est la victoire d’une start-up »

Le second tour des législatives a largement confirmé la majorité annoncée pour Emmanuel Macron avec 49,12% des suffrages. Les Républicains s’en sortent à 26,95%, tandis que le Parti Socialiste termine à 7,49% derrière le Front National. Que doit-on retenir de ce troisième tour ? Comment traduire le taux historique d’abstention ? Louis Daufresne recevait ce matin Benoît Pellistrandini, François Bousquet et Emmanuel Galiero dans Le Grand Témoin.

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D’un côté, on s’empare de l’invraisemblable réussite d’Emmanuel Macron ; de l’autre, on subit le record d’abstention élevé à 57,4%. Sur les 42,6% de participation, Benoît Pellistrandini relève en plus 7% de votes blancs et 3% de votes nuls. « Il y a l’abstention et la manifestation de ce désarroi démocratique dans les urnes » dit-il.

François Bousquet s’interroge sur le « défaut de représentativité » : « La démocratie dite représentative sur-représente les majoritaires et sous-représente les minoritaires ». Cela affecte principalement la France Insoumise et le Front National censés représenter le peuple. Pour autant, La République en Marche ne se prive pas d’une majorité de personnalités issues de la société civile mais au passé déjà politisé, comme l’indique une étude menée par le CNRS. Sont-ce là les limites du renouvellement ? C’est en tout cas la question que se pose Emmanuel Galiero, journaliste politique au Figaro.

Pour lui, l’abstention est un phénomène de longue durée qui entrave désormais la recomposition souhaitée par Emmanuel Macron. « La recomposition que Macron veut faire se heurte au système politique et au système médiatique qui concentre tout sur l’élection présidentielle, qui personnalise à outrance la vie politique en France ». Le Président prend alors le risque de tomber dans le panneau de cette macronmania, ce qui annoncerait incontestablement un échec politique. Il déplore ainsi une « mauvaise campagne des législatives » en ajoutant que « le cycle électoral est devenu un cycle de décomposition ».

Benoît Pellistrandini dénonce de son côté « un mauvais procès fait à La République en Marche ». Le vrai problème, « ce sont les élections législatives vidées de leur contenu ». On ne peut donc pas interpréter l’abstention.

« Il faut arrêter d’être en permanence dans l’attaque vis-à-vis de la classe politique : il faut responsabiliser les citoyens. Les citoyens qui n’ont pas voté hier n’ont aucune légitimité à protester contre les décisions qui seront prises à l’Assemblée ».

Que reste t-il des autres partis ? Il est certain que la recomposition commence aujourd’hui. Pour Benoît Pellistrandini, chez les Républicains, « il y a un travail de reformation idéologique et programmatique ».