le direct Musique sacrée

Gouvernement Macron : quelle composition ?

Dans Décryptage, Jean-Louis Schlegel, Gérard Leclerc et Eric Verhaeghe viennent nous donner leur sentiment quant à la composition de l’équipe ministérielle qui travaillera désormais autour du premier ministre Edouard Philippe.

Depuis hier, nous avons connaissance de la composition du gouvernement Macron. Edouard Philippe, juppéiste et ancien maire du Havre, a pris les rênes de Matignon. Pendant sa campagne, Macron avait annoncé 15 ministres, ils sont en réalité 22 aujourd’hui.

Un spectre large

« Chose promise, chose due », dit le dicton, le gouvernement d’Edouard Philippe rassemble 11 femmes et 11 hommes, issus aussi bien de la société civile que du monde institutionnel. Notons d’ailleurs que seulement quatre d’entre eux ont déjà une expérience ministérielle, ce qui vient raffermir cette volonté de renouvellement.

Gérard Collomb, ministre d’Etat et ministre de l’Intérieur, est « le premier parrain en politique d’Emmanuel Macron ». Un fidèle soutien également est Richard Ferrand qui, lui, a reçu « la Cohésion des Territoires », un poste essentiel pour faire face à la fracture française entre villes et campagnes.

François Bayrou devient ministre d’Etat et Garde des Sceaux, « un poste prestigieux » nous dit Gérard Leclerc, mais qui supposera de lui de traiter l’épineuse question de « la moralisation de la vie publique, de la réforme du mode de scrutin », sachant qu’il y a déjà quelques affaires d’emplois fictifs avec l’UDF.

Inconnue en France, Sylvie Goulard, députée européenne centriste, est nommée ministre des Armées. Jean-Yves Le Drian, lui, reste dans le corps ministériel, mais quitte la rue Saint-Dominique pour rejoindre le Quai d’Orsay avec la charge de ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. Marielle de Sarnez, ministre des Affaires européennes, devra donc collaborer étroitement avec ce dernier.

Un piège pour Les Républicains ?

Gérald Darmanin, ancien maire LR de Tourcoing, devient ministre de l’action et des comptes publics, or selon Eric Verhaeghe, le jeune ministre « n’a jamais fait de finance publique ». Par conséquent, Verhaeghe en déduit que « les arbitrages budgétaires vont se faire à l’Elysée », pour que « sous couvert de détails techniques, on n’arbitre pas le contraire de ce que Macron a décidé ».

Bruno Le Maire, autre pointure LR, hérite de Bercy. Il devra s’atteler au traitement de la dette publique et à la relance de l’économie française… « Baisse des prélèvements pour les entreprises, maintien des prélèvements pour les classes moyennes et hausse de la CSG », c’est selon Verhaeghe, « un cadeau empoisonné » pour Les Républicains, car « ils vont devoir assumer un bilan compliqué et prendre des mesures impopulaires ».

Des enjeux importants pour le quinquennat

La fracture sociale en France est de plus en plus criante. Les campagnes « ont un sentiment d’abandon, les services publics ont fermé, les centres-villes sont désertés, les classes ferment », constate Jean-Louis Schlegel, une problématique que devra traiter Richard Ferrand. Remédier aux inégalités scolaires, c’est le défi qui est proposé à Jean-Michel Blanquer qui vient de quitter ses fonctions de directeur général de l’ESSEC pour devenir ministre de l’Education Nationale. Juriste de formation, il dirigera ses efforts vers les zones d’éducation prioritaire.

Le ministère du Travail est désormais sous la responsabilité de Muriel Pénicaud. L’enjeu sera de faire passer « les ordonnances sur le marché du travail ». La tâche s’annonce difficile, puisqu’« au-delà des états-majors syndicaux, il y a une vraie sensibilité sur ces questions » en France, rappelle Eric Verhaeghe. « Il y a tout le poids Mélenchon qui s’ajoute à Le Pen » renchérit Gérard Leclerc, qui pointe du doigt « la force considérable » que représentent les salariés aux traitements modestes.

Enfin, Nicolas Hulot devient ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire. Hulot a la réputation d’être un homme d’action qui ne laisse rien au hasard et « le dossier majeur sur lequel il sera attendu est la sortie ou non du nucléaire ».

Selon nos invités, Emmanuel Macron prendrait un peu de recul et laisserait Edouard Philippe et son gouvernement faire campagne pour les candidats En Marche aux législatives.