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Général Pierre de Villiers : « Les Français attendent de la clarté entre les discours et l’action »

Servir a-t-il encore un sens ? Le général d’armée Pierre de Villiers y revient dans un essai publié aux éditions Fayard. Il était ce matin l’invité de Louis Daufresne dans Le Grand Témoin.

Le 19 juillet dernier, le général Pierre de Villiers démissionnait de ses fonctions de chef d’état-major des armées. Une décision fracassante dans un contexte conflictuel. Servir raisonne ainsi comme un appel, une responsabilité en tant que Français à être fier de son armée, de son pays et de son histoire qui nous rassemblent. Le général l’exprime ainsi : « Je veux parler de nos forces, de nos fragilités, de notre courage, de notre honneur. Je veux servir », et ce, sous forme désormais de transmission.

« J’ai écrit ce livre parce que je pensais qu’il fallait, à l’issue de mon parcours de 43 années, témoigner et transmettre ce que j’avais appris. Je voulais aussi expliquer les enjeux de défense dans une situation mondiale qui me paraît suffisamment dangereuse pour qu’on l’explique aux Français. »

 Le général de Villiers le reconnaît : « On aurait pu éviter ce gâchis ». A l’origine de cette divergence, tout était selon lui question de cohérence entre les menaces, les missions et les moyens. A cela s’ajoutent les propos d’Emmanuel Macron prononcés le 13 juillet à l’Hôtel de Brienne, suffisant à altérer la confiance entre le chef des armées et le chef d’état major des armées. Une confiance fondamentale. « Choisir, c’est renoncer. J’ai décidé et je ne reviens pas là-dessus. » Une forme de courage que le général de Gaulle saluait par ces mots : « La première qualité d’un officier, ce devrait être le courage. »

Le général de Villiers distingue deux formes d’obéissance : « L’obéissance active, c’est l’adhésion qui l’emporte sur la contrainte. Par opposition, l’obéissance subie, c’est la hiérarchie qui l’emporte ». L’obéissance, c’est ainsi mettre au cœur de son commandement le principe d’humanité. Cette humanité, Pierre de Villiers en déborde.