le direct Musique sacrée

« La nostalgie de l’honneur », pour ces héros restés dans l’ombre

Cette semaine dans La Voix des livres, Jean-Claude Perrier reçoit Jean-René Van der Plaetsen, pour La nostalgie de l’honneur (Grasset), essai et hommage à son grand-père, le général Jean Crépin.

9782246813934-001-T« Je ne ressentais pas la nécessité d’écrire un livre » explique d’emblée Jean-René Van der Plaetsen. Mais peu après l’assassinat du père Hamel, « par un phénomène de mémoire involontaire,  je me suis retrouvé dans mon enfance et mon adolescence », explique l’auteur, « lorsque mon grand-père maternel, un grand soldat, me racontait la montée des périls dans les années 1930 et pourquoi, lui qui souhaitait être architecte, avait choisi à la fin de ses études d’entrer dans l’armée : parce qu’il pressentait la guerre et voulait faire quelque chose pour son pays ».

Pour Jean-René Van der Plaetsen, journaliste et autrefois engagé dans l’armée, une question s’impose : « Et moi, que puis-je faire pour mon pays ? ». La réponse, elle aussi, est évidente : « écrire la vie de mon grand-père et de ses amis. Un peu comme dans une parabole, le lecteur comprendra les nombreuses analogies entre notre époque et celle des années 1930 ».

A l’essai se mêle donc l’hommage au général Jean Crépin, mort en 1996. Il fut le second officier français à rallier le général Leclerc en août 1940 au Cameroun. Malgré sa brillante carrière militaire, le génral Crépin demeure « oublié dans la mémoire collective ». Pourquoi son nom est-il resté inconnu, comme celui d’autres grands militaires tel que le Général Louis Dio ? « Parce que ces héros étaient des hommes humbles et modestes », souligne Jean-René Van der Plaetsen.

« L’honneur, pour moi, c’est se tenir debout, se tenir droit », précise l’auteur, et « l’honneur et l’humilité marchent ensemble ». Ainsi, ces grands héros sont souvent oubliés « parce qu’ils étaient humbles, ils faisaient leur devoir et leur service ».

Selon l’écrivain, « la France s’est construite sur ces deux piliers : l’honneur et l’humilité. L’honneur est notre héritage gréco-romain : c’est ce qui élève. Mais si l’on a que l’honneur, on est un guerrier. C’est à partir du moment où arrive l’humilité, qui est notre héritage judéo-chrétien, que cette humilité vient adoucir l’honneur, et que le guerrier barbare se transforme en chevalier », explique-t-il. « Pourquoi notre époque nous parait-elle si souvent déséquilibrée ? Parce que nous ne marchons plus que sur la jambe de l’humilité. La repentance perpétuelle, à mon sens, est une forme d’humilité dévoyée », d’après Jean-René Van der Plaetsen, dont la pensée très gaulliste rappelle que son grand-père fut « un gaulliste historique ».

Mais pourquoi le général Crépin, proche du général de Gaulle et militaire de haut rang, ne s’est-il pas vu confier un rôle politique après 1945 ?

Pour le savoir, écoutez l’intégralité de l’émission :

La sélection livres de Bertrand Deschamps (La Procure) :

  • Honoré d’Estienne d’Orves, Pionnier de la Résistance, Denoël (Illustrations), Jean-François Vivier (Scénario), éd. du Rocher
  • Philippe Seguin, le remords de la droite, par Arnaud Teyssier, Perrin Biographie
  • Louis XIX, duc d’Angoulême, par François de Coustin, Perrin Biographie