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La France peut-elle renouer avec la Russie ?

C’est la question que Philippe Delaroche a posée à Hélène Carrère d’Encausse et Francis Gutmann dans Décryptage.

La France et la Russie, une histoire de désamour ? « Il y a toujours eu un côté passionnel entre ces deux pays », reconnaît le diplomate Francis Gutmann. Il existe « une fâcherie fondée sur un fait psychologique très curieux : le soupçon d’un péril russe, que c’est un pays dangereux », explique l’historienne Hélène Carrère d’Encausse. L’affaire de l’Ukraine et de la Crimée n’ont fait que rajouter un plus plus d’incompréhension. Pourtant, ajoute, Hélène Carrère d’Encausse, par sa situation géographique, la Russie « a la capacité d’être à la fois un pays d’Europe et un pays d’Asie ». Il faut donc, selon l’historienne, ne surtout pas pousser « la Russie à adopter son visage asiatique » au risque de nous couper totalement de l’Asie « où tout va se dérouler » dans les années à venir.

Poutine, un patriotisme viscéral

Quant à Poutine, « ce n’est pas un saint, mais ce n’est pas le diable qu’on imagine en France », répète Francis Gutmann, « c’est un homme profondément humilié par l’éclatement de son pays » suite à la chute du soviétisme, explique-t-il. « Il est mu par un patriotisme viscéral avec le désir de créer un espace russophone. C’est un cynique qui joue les rapports de force ». Même analyse du côté d’Hélène Carrère d’Encausse. « Si les Russes se rallient à Poutine, c’est parce que’il traduit ce qu’ils ressentent… Le sentiment d’humiliation d’un pays qui s’est retrouvé seul sous un regard inquisiteur…. Le sentiment que les Occidentaux sont ingrats, plus encore agressifs ».

Vers un partenariat particulier

Pour Francis Gutmann, il est donc urgent de régler d’abord la question ukrainienne pour « recréer un climat » favorable au rapprochement franco-russe. Hélène Carrère d’Encausse appelle de ses voeux « un partenariat particulier entre l’Europe, la Russie et l’Otan ». Partenarait qui pourrait être étendu à la Turquie.