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Eric Branca et son livre « l’Ami américain – Washington contre de Gaulle 1949-1969 »

De nombreux aspects fondamentaux de cette période (1949-1969) sont peu connus voire secrets. Eric Branca, écrivain et journaliste, nous éclaire sur ces années et revient notamment sur les relations entre de Gaulle et les Américains dans l’après-guerre, dans Le Grand Témoin.

Une période caricaturée

Les américains voyaient dans la victoire de l’Allemagne nazie sur la France, l’occasion de prendre la place occupée par une des grandes puissances mondiales. La Seconde Guerre Mondiale et les vingt années de reconstruction qui s’en suivent sont souvent très caricaturées. « On dit que Charles de Gaulle était antiaméricain, c’est un mensonge » explique Eric Branca. L’historien rappelle l’activité constante de la CIA en France, finançant des partis opposés à de Gaulle ou encore tissant des liens avec les putschistes en 1961.

1940 : « Les clés de Paris avaient été remises à l’ambassadeur américain »

Au moment de la débâcle en 1940, Paris est déclarée ville ouverte. Les clés de Paris ne sont alors ni confiées aux gouverneurs militaires ni à un autre représentant français mais bien au consul américain. C’est cet américain francophile qui s’est chargé de négocier le non bombardement de Paris par les nazis. Ce fait trop peu connu montre à quel point la confiance de l’Etat français avait disparu et la déliquescence total des institutions entraînée par la défaite.

La construction européenne à l’initiative des Etats-Unis

C’est bien dans des officines américaines que le plan Schuman a été concocté. Alors que le projet européen est souvent présenté comme étant dès le départ un contre-poids à la puissance américaine, ce projet était au contraire calculé, pensé par les Américains. Jean Monet était extrêmement proche des Etats-Unis. Ce grand adversaire de de Gaulle a toujours vu le secret comme la manière la plus simple d’avancer. Cette page de l’histoire, assez peu enseignée, est pourtant bien utile pour comprendre l’Union Européenne.

Le secret : un défaut français

Les français ont un rapport aux archives radicalement différent de celui des Américains. Nous avons parfois honte de parler de notre histoire tandis que les Américains sont totalement décomplexés. C’est « un défaut de notre culture politique et universitaire ». La CIA agissait beaucoup en France dans l’intérêt américain. Une question surgit alors : Qu’en est-il aujourd’hui ? Pour notre invité, l’influence est aujourd’hui davantage culturel, « le soft power est aujourd’hui très fort ».