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Les anarchies géopolitiques : Catalogne et Kurdistan en volonté d’indépendance

La chronique géopolitique d’Hubert de Beaufort.


Catalagnor

La Catalogne couvre une superficie de 31 950 km2 (6 % de la superficie de l’Espagne). Ses langues officielles sont le Catalan, l’Occitan et l’Espagnol. En 2015, elle comptait 7 500 000 habitants (17 % de la population espagnole), ce qui en faisait la deuxième communauté d’Espagne après l’Andalousie et la dixième subdivision territoriale en termes de population.

Administrativement, la communauté autonome de Catalogne actuelle est divisée en 42 comarques, regroupées en quatre provinces : Barcelone (Barcelona), Gérone (Girona / Gerona), Lérida (Lleida / Lérida) et Tarragone (Tarragona). L’agglomération la plus importante est Barcelone, par ailleurs deuxième ville d’Espagne derrière  Madrid.

A Barcelone, 700 maires catalans prônent l’indépendance.

            Ils se sont rassemblés à Barcelone pour afficher leur volonté d’organiser un référendum pour l’indépendance de la Catalogne, malgré l’illégalité du scrutin.

            Ils veulent leur référendum et ont affiché leur détermination à organiser un vote pour l’autodétermination de leur région, malgré les poursuites judiciaires et la confiscation de dix millions de bulletin de vote.                                                                                

Selon El Pais, le gouvernement espagnol a mobilisé les deux tiers des policiers anti-émeutes espagnols, soit quelque 2 000 agents, dépêchés en Catalogne. Au total, plus de 10 000 membres des forces de l’ordre y seront déployés pour bloquer les bureaux de vote. Ce référendum paraît compromis, mais politiquement rien n’est réglé.      

Un homme parade avec des drapeaux kurdes, le 27 septembre 2017, après l'annonce des résultats du référendum, à Erbil (Irak). (SAFIN HAMED / AFP)
Un homme parade avec des drapeaux kurdes, le 27 septembre 2017, après l’annonce des résultats du référendum, à Erbil (Irak). (SAFIN HAMED / AFP)

                    

Concernant le Kurdistan, sans attendre l’annonce des résultats, le président de la région autonome du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, a annoncé mardi la victoire du « oui », mais  Bagdad exclut de négocier.« Le peuple du Kurdistan a pris sa décision et il est entré dans une nouvelle phase. Alors ne laissons personne nous reprocher ça », a déclaré Massoud Barzani, avant d’inviter Bagdad à entamer avec lui « un dialogue sérieux« , plutôt que « de brandir des menaces et des punitions« . « Les Kurdes, c’est un peuple sans État en quête de reconnaissance » « Il se peut que nous ayons à faire face à des difficultés, mais nous les surmonterons », a-t-il promis, invitant la communauté internationale à « respecter la volonté des millions de personnes » qui se sont prononcées en faveur de l’indépendance. Plus de 3,3 millions de personnes se sont rendues aux urnes, soit 72,16 % des inscrits, selon la commission électorale.                                               

Ce vote est une impasse géopolitique : depuis un siècle les Kurdes veulent un Etat, ce que leur refusent l’Irak et la Turquie. Comment se terminera ce bras de fer ?     

La géopolitique du XXIème siècle doit faire face à une anarchie croissante, avec la montée des nationalismes. C’est un défi sans précédent auquel les grandes puissances doivent répondre.