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A l’occasion du voyage du pape François, focus sur la Birmanie et le Bangladesh

Philippe Delaroche et ses invités explorent ces deux pays d’Asie du Sud-Est dans l’émission Décryptage de ce 27 novembre.

myanmar-2494826_960_720Dimanche 26 novembre, le Pape François a entamé son 21e voyage apostolique en s’envolant pour la Birmanie. Il a rencontré le lendemain le chef de l’armée birmane : une « visite de courtoisie » à Min Aung Hlaing qui a duré une quinzaine de minutes.

Ce mardi, le Saint Père est arrivé à Naypyidaw, la capitale birmane, où avait lieu la cérémonie officielle de bienvenue. Il a pu s’entretenir avec la conseillère d’Etat et ministre des affaires étrangères Aung San Suu Kyi.

C’est jeudi 30 novembre que le Pape François quittera la Birmanie pour se rendre au Bangladesh voisin, où il restera jusqu’à samedi.

Pour mieux comprendre ces deux pays, Philippe Delaroche reçoit trois invités :

  • Martin Michalon, doctorant au Centre Asie du sud-est. Sa thèse de doctorat porte sur l’industrie touristique en Birmanie. Il visite pour la première fois ce pays en 2013, comme touriste.
  • Jean-Louis Margolin, historien, maître de conférence à l’Université d’Aix-Marseille – auteur de Comprendre les génocides du XXe siècle (Bréal) et Les Indes et l’Europe (avec Claude Markovits, Folio histoire). Après la rédaction d’une thèse sur Singapour, il arrive en Birmanie dans les années 1970-1980, puis y retourne récemment pour un projet de recherche sur les traces de la seconde guerre mondiale en Asie.

La Birmanie « est une sorte de laboratoire de la mondialisation en accéléré depuis 2010 et la transition amorcée par le régime », d’après Martin Michalon. Le tourisme s’y développe fortement.

Le conflit qui oppose les Rohingyas au régime birman rappelle que la Birmanie est une nation plurielle : 135 nationalités sur un territoire de 678 000 km2. Il est donc « très difficile de mettre tout le monde d’accord », rappelle Guy Lubeigt, chacun voulant davantage d’autonomie et de territoire. Plusieurs mouvements indépendantistes sont toujours actifs, les plus virulents actuellement étant les Wa.

Mais la Birmanie n’est pas une nation artificielle. Jean-Louis Margolin souligne qu’il s’agit d’un « des pays d’Asie qui peut retracer son passé sur la plus longue durée ». Il y avait un Etat birman, ancêtre de la Birmanie actuelle, dès la fin du premier millénaire.

La question Rohingya se situe « dans le cadre d’une relation très conflictuelle qui oppose depuis l’indépendance (1948) la majorité, c’est-à-dire une partie des élites militaires, et les minorités », d’après Jean-Louis Margolin.

C’est pourquoi en Birmanie, la population s’interroge : pourquoi une telle focalisation sur les seuls rohingyas alors que d’autres minorités subissent les mêmes répressions depuis plusieurs décennies ?

La deuxième partie de l’émission aborde plus en détail le cas des Rohingyas.

Mais d’abord, une pause musicale avec Khadja Nin – Sina Mali, Sina Deni.

Pour écouter l’émission intégralement :