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Vers une école plus performante ?

Massification de l’enseignement, accroissement de l’illettrisme. Le système éducatif qui faisait la fierté des Français se cherche depuis les années 1970. Regards critiques de Pierre Léna et Jean-Baptiste Noé.

Les lacunes du système éducatif

« Il n’y a pas de liberté pédagogique pour les professeurs », déclare Jean-Baptiste Noé. L’historien dénonce le fait que les enseignants ne soient pas notés sur la progression qu’ils font faire aux élèves mais sur l’application des consignes. Au surplus, ils sont soumis à un programme étatique déficient : l’école actuelle fabrique 1/3 de « décrocheurs ». Sur une classe d’âge, 10% d’élèves ne savent pas déchiffrer, 10% ont un vocabulaire limité, 30% ont des difficultés de compréhension d’un document. Pour cause : « Nous avons exclusivement le collège unique pour un profit d’intelligence et pour un type d’élèves » (Pierre Léna).

Le tournant de la méthode Haby

Selon nos invités, cela s’explique par la refonte du système scolaire en 1975. La réforme du collège unique a été conçu exclusivement comme une préparation au lycée général, selon un modèle de formation élitiste. Un système qui nie la diversité des intelligences, contre la mise en place d’écoles différentes, adaptées à des personnes différentes.

Un moyen pour y remédier ?

A contrario, Jean-Baptiste Noé prend l’exemple de la Jeunesse Agricole Catholique qui a appris à lire à des générations de paysans des années 1930 aux années 1970. Pierre Léna cite aussi l’enseignement agricole actuel comme « exemplaire » car « combinant harmonieusement le généraliste et le professionnel », indépendant de l’éducation nationale. Dans le système scolaire sous contrat, son association, La main à la pâte, vise à rompre la solitude de l’enseignant en créant une « confraternité active ». Il rappelle que la mise en place d’une pédagogie adaptée aux élèves, au sein d’un établissement sous contrat, est possible par l’action du chef d’établissement.