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La Confession : « Sans l’amour, je ne suis rien »

Adapté de « Léon Morin, prêtre » de Béatrix Beck, la Confession sublime l’Amour dans sa radicalité. Romain Duris et Marine Vacth donnent, à cette nouvelle adaptation, une part de mystère qui fait du bien. 

La confessionLa Confession, une histoire de cœur, une histoire d’Amour. Si certains voyaient en ce film, une énième polémique sur le célibat des prêtres ou plus encore une attaque contre les catholiques, sachez que vous vous trompez. Ce film est avant tout l’histoire d’une conversion, d’une rencontre. Barny, une jeune résistante communiste, hostile à l’Eglise et au pouvoir clérical, se décide à rencontrer le nouveau curé de la paroisse. Ses copines de la Poste le décrivent comme un bel homme, grand orateur et fin conseiller spirituel. Sa curiosité est piquée au vif.

Le premier entretien avec le P. Léon Morin est houleux. Barny, sûre de ses convictions, crache à travers la grille du confessionnal son mépris de l’Eglise. La religion, cette opium du peuple… Le P. Morin l’écoute, toujours souriant ; il lui propose la lecture d’un livre. Barny, intellectuelle curieuse, se laisse mettre entre les mains les saints Évangiles. Stupeur! Mais le P. Morin la rassure : « Faites-vous votre propre avis ! » lui lance -t- il. Le premier grain est semé.

Progressivement, la jeune femme se laisse convaincre. Précisément parce que le P. Morin ne se présente pas comme un homme de certitudes. Action de la grâce ou charisme du prêtre ? Peu importe. Barny a décidé de se convertir. La lecture de l’évangile de saint Matthieu à la lumière d’une petite bougie (nous sommes quelques semaines avant la Libération) mais aussi l’oraison funèbre du P. Morin à l’occasion des funérailles de victimes nazies, la transfigure. Elle, la communiste, prête à sacrifier sa vie pour son prochain, découvre l’amour dans l’humilité. L’amour à l’image du Christ en Croix.

La foi peut-être aussi une radicalité, une réponse absolue à l’énigme de la vie. Loin de l’hypocrisie des pharisiens et de la résignation des collabos. « Le paradis n’est pas une récompense mais un épanouissement », lui susurre l’abbé. Barny ne sait si elle suit le Christ par amour du P. Morin ou le P. Morin par amour du Christ. L’amour est poreux, déstabilisant. L’amour de Dieu, c’est aussi l’amour des hommes. Barny, la communiste chevronnée, est troublée par la foi originelle. Un trouble qui  fait penser à cette assertion de Benoît XVI : « Il comprit que le christianisme n’est pas un système intellectuel, un paquet de dogmes, un moralisme mais qu’il est une rencontre, une histoire d’amour, un événement » (Oraison funèbre de don Giussani dite par le cardinal Ratzinger, 2005, NDLR).

La Confession est traversée par ce retournement amoureux. Plus que propice en ce temps de Carême car comme le dit Saint Paul :  « Sans l’amour, je ne suis rien ».

Avec Maxime Dalle

>> à réécouter l’émission Ecoute dans la Nuit, spéciale le film La Confession

>> à réécouter aussi les extraits d’interviews d’Anne Ferier et de Nicolas Boukhrief, réalisateur.